Chers frères, Dieu le Père nous appelle à lever les yeux de notre cœur vers Jésus en Croix.
Tâchons de rentrer ensemble dans ce mystère pour saisir davantage ce que Dieu nous offre.
Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique :
ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle.
Oui, nous sommes tous faits pour la vie en plénitude, pour une vie qui n’aura pas de fin.
Malgré toutes les informations contraires qui nous viennent par les médias, nous persévérons à croire que la Vie aura le dernier mot. Et cette vie éternelle qui vient de Dieu, c’est une personne concrète : C’est le Seigneur Jésus.
« Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie » dit Jésus dans l’évangile.
Alors pourquoi la Croix ?
Pourquoi cet homme torturé, exposé nu à tous les regards, comme notre plus grande fierté ?
Parce que nous y découvrons le sommet indépassable de l’amour de Dieu qui veut sauver tous les hommes sans exception !
La croix est la réponse géniale de Dieu à une question qui m’a longtemps taraudé, et qui est commune à tous les hommes : c’est le scandale du mal et de la souffrance.
Peut-on imaginer un bonheur plénier malgré la mémoire du mal subi ou commis ?
Peut-on être heureux sans devenir amnésique ?
La seule solution, c’est que le mal subi ou commis soit enseveli par un amour beaucoup plus fort ! Seul le feu de l’amour peut brûler véritablement le mal
et en transformer le souvenir en un motif d’action de grâce.
L’enfant qui s’est fait mal en tombant va sécher ses larmes grâce aux baisers et aux câlins de sa mère.
Pour compenser largement l’océan d’horreurs, de péchés et de souffrances qui submerge l’humanité, il a fallu la fournaise d’amour qui remplissait le cœur du Christ en croix. Jésus n’a pas subi passivement sa passion, mais il y a consenti librement en offrant ses souffrances à son Père pour le salut des hommes pécheurs.
La messe est un mystère non sanglant :
nous ne renouvelons pas les souffrances du Christ qui ont eu lieu une fois pour toutes,
mais nous profitons de cet amour fou qui nous est reproposé à chaque messe.
La croix est source de vie. Cela avait été prophétisé par Moïse lors de l’épisode du serpent de bronze au temps de l’Exode. Le peuple avait fini par se refroidir dans la foi, doutant et méprisant le don miraculeux quotidien de la manne. La conséquence du péché entraina l’agression par les serpents venimeux.
Ayant reconnu leur péché et s’étant retourné vers Dieu par l’intercession de Moïse, Dieu les sauve par cette action paradoxale : Moïse confectionne un serpent en bronze et le fait ériger en hauteur sur un poteau bien visible pour que tous ceux qui se tournent vers lui avec confiance soient sauvés !
Jésus s’est fait péché pour nous, dit saint Paul. Il a endossé devant Dieu la responsabilité de tous nos péchés et il en a affronté la conséquence terrible de la souffrance et de la mort pour nous en délivrer. Nous aussi, c’est en regardant avec amour Jésus sur la croix que nous sommes libérés de nos fautes.
Ste Hélène, la mère de l’empereur Constantin, au 4ème siècle, a fait faire des fouilles près du Calvaire à Jérusalem. On a retrouvé plusieurs croix. Pour être sûr d’identifier la bonne, on a amené des malades à leur contact. Et c’est toujours la même croix qui a guéri les malades. Un peu plus tard, un évêque de Jérusalem a obtenu par cette même croix la résurrection d’un bébé décédé. Ces miracles physiques ne sont qu’une partie infime de la fécondité de vie du mystère de la croix. En célébrant la messe tous les dimanches, en communiant, nous entrons nous aussi réellement en contact direct et immédiat avec le mystère de la croix du Christ.
La croix est féconde : elle nous unit davantage à Jésus, elle nous fait partager sa vie.
Nous sommes tous invités, chacun à notre place, et selon les dons de Dieu, à grandir dans la foi. La foi, c’est une adhésion d’amour à la personne vivante du Christ : Concrètement, la foi, c’est devenir tellement proche de Lui, que nous finissions par penser, aimer et réagir comme Lui. Nous aussi, nous sommes appelés à aimer le monde, c’est-à-dire à vouloir ardemment le salut de tous nos frères, à nous mettre à leur service dans tous les domaines, aussi bien matériel que psychologique et spirituel.
Fêter la croix du Christ n’a rien de masochiste, mais c’est au contraire s’engager à fond pour que tous nos frères aient la vie en abondance. Ici, à Ste Thérèse, nous avons tous solidairement une écrasante responsabilité : « à qui on a beaucoup donné, il sera beaucoup demandé. » Le Seigneur, qui n’a pas besoin de nous, veut avoir besoin de nous.
Non seulement nous tâcherons d’entretenir la vie de notre belle paroisse, mais nous ferons aussi la joie de Dieu le Père en collaborant à la croissance de son Royaume ici à Laval, en nous passionnant pour son projet. Ce projet nous a été manifesté clairement dans la Lettre Pastorale de notre évêque, fruit de sa visite en janvier. Il nous a fixé 2 objectifs : repérer, visiter et soutenir les chrétiens isolés de nos quartiers, et aussi développer notre accueil et la formation des catéchuménes adultes qui arrivent de partout. Nous en reparlerons dimanche prochain.
Cette semaine, redécouvrons la richesse de ce que nous faisons par le signe de Croix.
Nous sommes trop habitués à la croix comme un geste de routine ou un bijou chrétien.
Nous avons l’exemple des martyrs vietnamiens ou japonais qui refusaient de piétiner les croix disposées par terre aux entrées des villes. Par ce signe de croix, nous nous unissons de façon libre et consciente à l’offrande d’amour du Christ sur la croix.
Signe de la folie de l’amour de Dieu pour nous, que le signe de croix nous bouleverse toujours
et nous appelle à une conversion sans cesse renouvelée ! + Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit !