Il nous montre l’humilité comme condition de l’efficacité de la prière.
Toute la question pour nous est de trouver le ton juste et adapté pour parler à Dieu,
pour dialoguer avec Lui en vérité.
Jésus, avec beaucoup de pédagogie, peut patienter parfois très longtemps pour amener notre coeur à se tourner vers Lui en vérité.
Mais, Dieu merci, une fois que nous avons trouvé le ton juste pour nous adresser à Lui,
il nous donne mystérieusement l’assurance intérieure que nos prières sont exaucées.
Dans l’évangile d’aujourd’hui, Jésus tient à nous préserver de l’orgueil et à nous conduire à l’humilité. L’humilité, ce ne sont pas toutes les caricatures que nous nous en faisons.
L’humilité, c’est être en vérité devant Dieu, c’est reconnaître ce que nous sommes et qui Il est.
Lui, il est l’être personnel parfait, il est l’Amour,
il est infiniment simple, alors que nous sommes souvent très compliqués face à Lui.
Nous, nous sommes ses créatures, nous sommes des pauvres pécheurs profondément aimés et sauvés par avance dans sa miséricorde inépuisable.
Nous ne sommes pas Dieu, nous sommes ses créatures.
Nous sommes aimés pour nous-mêmes avant tout mérite de notre part.
Tout le bien qui est en nous vient de Lui.
Nous devons toujours nous en souvenir, et le reconnaître avec gratitude, c’est la prière d’action de grâce.
Cette vérité profonde nous évite deux écueils, deux dangers : l’orgueil et le doute.
L’orgueil, c’est la prétention d’arriver à la sainteté par nos propres efforts sans demander à Dieu de nous y faire parvenir.
Le doute, c’est quand nous ne regardons que notre misère sans regarder la miséricorde de Dieu.
Le pharisien, c’est celui qui croit arriver à la sainteté par lui-même.
Il n’échange pas amicalement avec Dieu dans sa prière.
Dans ce qu’il exprime, il se vante devant Dieu. Dieu n’est qu’un faire-valoir pour Lui.
Le pharisien s’admire en train de faire des efforts et somme Dieu d’admirer le bien qu’il fait.
Le pire, c’est qu’il se compare, en regardant avec mépris ceux qui l’entoure,
en les jugeant sans connaître le fond de leurs cœurs.
Le publicain repentant et justifié, c’est à dire rendu juste par Dieu,
c’est celui qui ne fait aucune comparaison
et qui ne voit pour lui que ce qui manque à l’accomplissement de sa vocation,
ce qui manque à la pleine réalisation du plan d’amour de Dieu sur lui.
C’est celui qui ne se satisfait jamais de son état actuel, – non par souci maladif de perfection-,
mais parce qu’il ne cesse de découvrir dans la prière la beauté et la grandeur du projet d’amour de Dieu sur lui.
J’attire encore votre attention sur quelques détails :
La prière véritable ne s’embarrasse pas de beaucoup de mots : une phrase suffit au publicain pour dire sa pauvreté, tandis que le pharisien étale sa justice.
Le publicain s’adresse vraiment à Dieu, il ne parle de son péché qu’en référence à la pitié de Dieu.
Le pharisien s’adresse extérieurement à Dieu, mais il parle de lui-même, Dieu n’est pour lui qu’une occasion de se dire avec complaisance.
Certains ont voulu identifier à tort les pharisiens avec les bons chrétiens pratiquants, et les publicains avec les non-pratiquants qui, eux, ne sont pas hypocrites comme les pratiquants.
En fait, il ne s’agit que d’un pharisaïsme à l’envers. Et d’ailleurs le publicain de la parabole vient bien au Temple pour prier. Certes, il a trop conscience de ce qu’il est pour se mettre en valeur, mais il fait participer son corps à la prière, et il s’impose extérieurement une attitude qui correspond à l’intérieur de son cœur. En fait, c’est bien un pratiquant sérieux !
Dieu seul est juge : Lui seul sonde les reins et les cœurs,
Lui seul estime à leur juste valeur les intentions les plus secrètes.
Toute prière qui induit un jugement sur nos frères est viciée.
Oui, nous pouvons et devons toujours condamner des actes, mais jamais des personnes.
Ex de la femme de Tours.
L’humilité enfin nous donne une assurance divine pour nous adresser à Dieu. Cf Psaume : un pauvre crie, le Seigneur entend ! Sa prière traverse les nuées et atteint Dieu. Il persévère dans sa demande, car il sait en vérité que Dieu ne le décevra pas. Ce n’est pas de l’arrogance, mais une certitude mystérieuse qui vient de Dieu.
Alors ne cherchons pas à identifier autour de nous ceux qui sont pharisiens et ceux qui sont publicains, mais prenons au sérieux l’avertissement du Christ : restons humbles !
Dieu ne peut combler que ceux qui ont besoin de Lui, que ceux qui demandent.
Dieu est attentif au cri du juste,
il entend ceux qui l’appellent, il les délivre de leurs angoisses.
Il est proche du cœur brisé, il sauve l’esprit abattu.
Pas de châtiment pour qui trouve en lui son refuge.
Le plus noir des péchés devient sujet même à espérer sa miséricorde.
Parce que le Seigneur nous met en garde contre le danger de l’orgueil,
et nous indique la prière qui lui est agréable,
il nous faut veiller avec soin sur la pureté de nos intentions.
Si nos intentions sont droites, nos prières auront du prix aux yeux de Dieu,
mais si notre intention est entachée par l’orgueil et la comparaison,
nos prières et nos actions perdent toute valeur aux yeux de Dieu,
même si aux yeux des hommes nous avons accompli le bien.
Grâce à la mise en garde de Jésus, je suis pleinement rassuré !
Au cours de cette messe, chacun va prier devant Dieu en vérité
et repartira justifié grâce à la miséricorde inépuisable de Jésus. Amen !