Comment se fait-il que pour fêter le Christ-Roi d’amour,
l’évangile nous le montre au moment le plus terrible de sa vie sur la terre,
quand il est cloué sur la croix et qu’il va mourir ? Ce n’est pas par hasard.
Nos ancêtres, qui ont mis des calvaires et des croix partout, n’étaient pas fous :
ils avaient compris que c’est justement sur la croix que se manifestait le mieux cette royauté d’amour de Jésus.
La croix, c’est l’amour de Dieu qui va à la rencontre du mal dans le monde.

Pour rentrer dans ce mystère, il faut changer notre regard :
Mettons-nous un instant à la place de ce bandit cloué sur la croix à côté de Jésus.
Il est plongé dans de grandes souffrances qui débouchent sur la mort.
Il reconnaît lui-même qu’il n’a que ce qu’il mérite après tout le mal qu’il a commis.
Il n’est pas fier de lui, il peut penser que sa vie est un gâchis, un échec total.
Et voilà que par un cadeau de Dieu, un don de l’Esprit Saint,
il comprend que le condamné qui est en train de mourir à côté de lui
est non seulement un homme bon, parfaitement innocent,
mais surtout qu’il est Dieu lui-même !
Dieu est venu partager sa souffrance et sa mort à lui. Dieu souffre et meurt avec lui !
Il découvre la royauté de l’amour tout-puissant de Jésus qui vient au plus profond de sa détresse pour le sauver en le faisant entrer dans son royaume.

« Seigneur, souviens-toi de moi quand tu viendras inaugurer ton règne »
Et parce qu’il fait une totale confiance à cet amour,
parce qu’il abandonne sa vie au Christ, y compris tout le mal qu’il a commis,
alors il peut entendre cette promesse complétement folle :
Aujourd’hui, avec moi, tu seras au paradis !

Depuis ce jour-là et cette phrase-là, plus aucun homme ne peut se dire oublié de Dieu.
L’amour de Dieu se rend proche de tout homme, dans tous les temps,
dans toutes les situations, même les plus désastreuses.
Dieu le Père veut nous arracher au pouvoir du mal
et nous faire entrer dans le Royaume de son Fils Jésus en pardonnant nos péchés.

Comment cette parole de Jésus peut se réaliser aujourd’hui ?
En fait, Jésus ne veut rien faire sans notre participation.
Comme Jésus est venu vivre l’épreuve avec le bandit,
il veut revivre cela aujourd’hui à travers notre coeur. Face à la souffrance de ceux qui nous entourent, nous nous sentons désarmés, bien incapables. Jésus nous demande de lui offrir nos efforts d’amour même insignifiants.
Souvenez-vous de la multiplication des pains pour une foule de 5.000 hommes qui sont venus écouter Jésus et qui n’ont rien à manger. Jésus n’aurait jamais fait de miracle sans un petit garçon qui a offert ses 5 pains et ses 2 poissons.
Les apôtres ont dit : c’est ridicule ! Qu’est-ce qu’on peut faire avec ça pour 5.000 hommes ?
Jésus, lui, il a accepté l’offrande du petit garçon et il l’a offert à son tour à Dieu son Père.
Et à partir des 5 pains et des deux poissons, il a pu nourrir toute la foule.
Le royaume d’amour de Jésus demande l’offrande de mes efforts pour faire tout le bien que je suis capable de faire, sans jamais désespérer.

Enfin, Retenons 3 choses de cette fête de Jésus Roi de l’Univers.

1 Dieu me rejoint par son amour partout où je suis,
spécialement quand je suis dans l’épreuve et que j’ai l’impression d’être abandonné.

2 A chaque messe, nous sommes vraiment à la croix, en face de Jésus, comme le bandit sauvé.
Nous pouvons nous aussi demander à Jésus de nous faire entrer dans son Royaume.
Nous le lui dirons tous ensemble tout à l’heure :
que ton règne vienne, sur la terre comme au ciel !
Et Jésus n’attend que cette demande faite avec foi, avec une humble confiance,
pour nous faire entrer un peu plus dans son Royaume.

3 Reconnaitre Jésus comme le roi d’amour de nos cœurs,
c’est lui dire comme les juifs disaient au roi David :
‘Nous sommes du même sang que toi ! Nous sommes de la même famille que toi !’
Saint Paul développe cela en disant que Jésus est notre aîné à tous,
le premier-né par rapport à toute créature.
Il est le premier-né d’entre les morts, car il est déjà ressuscité,
avant de nous ressusciter à la fin des temps.
Alors maintenant nous n’aurons plus peur de parler à Jésus qui est bien vivant en ce moment
et de lui parler comme à un grand frère.
Tout à l’heure, Le prêtre élèvera le Corps et le Sang de Jésus vers Dieu le Père en chantant :
( chanté tant qu’à faire…)Par Lui, avec Lui et en Lui !
A Toi, Dieu le Père tout-puissant, dans l’unité du Saint Esprit,
tout honneur et toute gloire pour les siècles des siècles !
Et en répondant : Amen ! de tout notre coeur,
nous proclamons aussi que Jésus est notre Roi d’amour.

Être chrétien, finalement, ce n’est pas autre chose que d’imiter le bandit sauvé,
non seulement à l’heure de notre mort, mais dans tout ce que nous faisons.
C’est lui redire sans cesse :
« Seigneur Jésus, tu es là à côté de moi. Tu m’offres ton amour.
Je veux y répondre de tout mon coeur.
Je veux entrer dans ton Royaume en faisant tout le bien que tu me demandes de faire. »