Chers frères et sœurs, nous venons d’entendre le Christ nous dire : Venez à moi, vous qui peinez, et je vous procurerai le repos. Cela s’applique spécialement à nos chers défunts.
L’évangile nous parle, nous touche profondément, car il nous fait entrevoir l’humanité du Christ, son cœur qui n’est autre que le reflet humain de la vie intime de Dieu.

Dieu se révèle aux humbles. Dieu se plait à se dévoiler et à se communiquer aux cœurs purs, aux cœurs droits, à ceux qui savent bien leur faiblesse, mais qui, par leur humilité même, sont accueil et docilité à tout ce qui vient de Dieu.
Puissions-nous ressentir nous aussi quelque chose de la joie de Jésus
qui proclame la bonté de Dieu, qui se cache aux sages et aux savants,
mais qui se révèle aux tout-petits qui ont une âme simple.
Ce sont les sentiments que nous développons dans notre âme
au moment de parler à Dieu de nos défunts pour les lui confier.

Dieu fait entrer dans son repos ceux qui ont peiné.
«Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau et moi, je vous procurerai le repos» vient de nous dire le Seigneur Jésus.
Nos défunts sont entrés dans leur repos, après tant de labeur et d’épreuves que nous leur avons vu vivre au milieu de nous. Mais surtout, ils sont entrés dans le repos de Dieu.
En quoi consiste ce fameux repos de Dieu ? S’agit-il de l’inconscience, du sommeil ?
Non, il s’agit bien d’un bouillonnement de vie : il s’agit de se reposer au sens où Dieu s’est reposé le 7ème jour de la Création en se complaisant dans ce qu’il avait fait.
Le repos de Dieu, c’est goûter pleinement ce pour quoi nous sommes fait et que nous avons commencé à ébaucher sur cette terre par notre charité concrète, notre amour effectif.

AT2 L01 = Job 19, 1.23-27a
Je sais moi, que mon libérateur est vivant. De ma chair, je verrai Dieu.,
L’auteur inspiré du Livre de Job, autour de 1.000 ans avant le Christ, met dans la bouche de Job
cet acte de foi extraordinaire dans la victoire de Dieu et des hommes sur la mort.
Comme Job, dans l’obscurité de la foi, nous sommes remplis de confiance. Un jour, après la mort, nous nous tiendrons devant la face humaine du sauveur.
Avec mon corps, je me tiendrai debout et de mes yeux de chair, je verrai Dieu.
C’est la certitude de la résurrection.
A la racine de tout cela, il ya la foi dans la résurrection du Christ, qui a vaincu définitivement la mort : je sais, moi, que mon libérateur est vivant : Il y a quelqu’un en ce moment qui est bien vivant, qui est plus fort que la mort et qui s’occupe de mon défunt.
Et ce même Seigneur est aussi mon libérateur.

L2 NT1 Romains, 5, 5-11 page 28
La raison ultime de notre espérance ce matin, c’est l’amour fou de Dieu pour tous les hommes et pour chacun en particulier. St Paul vient de nous le rappeler dans sa lettre aux Romains :
La preuve que Dieu nous aime, c’est que le Christ est mort pour nous, alors que nous étions encore pécheurs.
Dieu est infiniment plus grand dans sa miséricorde que tous les péchés des hommes.
Si nous condamnons et rejetons nos péchés, aussi noirs soient-ils, nous pouvons compter sur sa miséricorde inépuisable.
Maintenant que le sang du Christ nous a fait devenir des justes, nous serons sauvés par lui de la colère de Dieu.
Maintenant que nous sommes réconciliés, nous serons sauvés en ayant part à sa vie.

C’est pourquoi nous prions pour nos défunts. Nous prions pour les saints du purgatoire, pour les âmes des défunts qui sont déjà assurées d’aboutir au ciel, mais qui ont encore besoin d’une purification du coeur pour être totalement accordées à la sainteté de Dieu.
Dans ce qui est pour eux purement passif, puisqu’ils n’ont plus l’usage de leur corps, nous apportons grâce à la communion des saints, l’amour, la charité, qui manque encore à leur sainteté.
C’est Dieu qui fait l’essentiel du travail parce qu’Il est pressé d’avoir tous ses enfants autour de la table du festin éternel, mais il est aussi très désireux et fier de notre contribution généreuse, aussi minime soit-elle.
Quel beau mystère que la Communion des saints !

Ps 129 Comment nous tenir maintenant devant Dieu le Père pour lui confier nos défunts ?
Quelle est la juste attitude intérieure ? C’est la crainte filiale.
Face au Christ, qui est le Chemin, la Vérité et la Vie,
nous prenons tous conscience de nos faiblesses, de nos refus volontaires, de nos péchés.
Comme nous l’avons chanté dans le Psaume :
Si tu retiens les fautes, Seigneur, qui donc subsistera ?
Mais près de Toi se trouve le pardon, pour que l’homme te craigne.
La crainte filiale, c’est la crainte de blesser ce Cœur de Père qui nous aime tant.

Oui, en ce jour de grande paix,
nous confions tous nos chers défunts à l’amour brûlant de Notre Père du Ciel,
et nous apportons avec ferveur notre contribution pour les introduire dans le Cœur de Dieu !