Chers frères et soeurs,

dans la lettre aux Romains qui vient d’être lue, St Paul vient de nous faire une longue comparaison entre Adam et le Christ : ce que le premier a détruit et abîmé, le second l’a réparé et renouvelé en mieux. C’est tout le sens de ce 1er dimanche de Carême, celui des tentations du Christ au désert. 

 

En ce temps-là, Jésus fut conduit au désert par l’Esprit pour être tenté par le diable. Nous aussi, nous sommes tous conduits au désert du Carême par l’Esprit Saint pour vivre ce temps avec le Christ. Comme lui, nous voulons consacrer ces 40 jours à rechercher la présence et l’amour du Père. 

Nous voulons connaitre sa volonté pour l’accomplir avec la même ferveur que Jésus. 

Comme Jésus, fatalement, nous serons aux prises des tentations du diable,

  celui qui se jette en travers de notre chemin vers Dieu pour nous en détourner. 

Nos ancêtres, Adam et Eve, avaient perdu le combat spirituel au jardin d’Eden, 

et ils ont transformé ce jardin en désert, 

comme nous aujourd’hui, par nos péchés, nous transformons ce monde en un champ de ruines.

Nous, leurs descendants, nous abîmons toujours plus cette Terre que Dieu a voulu si belle.

Alors Jésus est venu en personne dans ce désert 

pour reprendre le combat là où Adam et Eve l’avait perdu, pour vaincre définitivement le Tentateur 

et nous réintroduire au matin de Pâques dans le jardin fleuri de l’amour de Dieu.

En méditant sur Jésus au désert, 

nous voyons comment affronter nous-même la tentation et en sortir vainqueur.

 

St Augustin dit : Dans le Christ, c’est nous qui sommes tentés, car  le Christ est unique, et nous sommes tous ses membres. Dans le Christ, c’est toi qui étais tenté, parce que le Christ tenait de toi sa chair, pour te donner le salut ; tenait de toi la mort, pour te donner la vie ; tenait de toi les outrages, pour te donner les honneurs ; donc il tenait de toi la tentation, pour te donner la victoire.

Reconnais que c’est toi qui es tenté en lui ; et alors reconnais que c’est toi qui es vainqueur en lui. 

Il pouvait écarter de lui le diable ; mais, s’il n’avait pas été tenté, il ne t’aurait pas enseigné, à toi qui dois être soumis à la tentation, comment on remporte la victoire.

 

Si c’est pour nous, et avec nous que Jésus a vécu ces tentations, acceptons que notre baptême ne nous dispense pas de l’épreuve. Il n’y a pas de vie chrétienne sans tentations. 

Ne soyons pas surpris, ni choqués de rencontrer l’épreuve à un moment ou à un autre.

 

Mais rappelons-nous que le Carême est d’abord un temps de grâce voulu par Dieu. 

Le but du Carême, c’est de développer notre vie d’enfant bien-aimé du Père. 

C’est toujours Dieu qui est le maitre de chacune de nos histoires.

En ce temps-là, Jésus fut conduit au désert par l’Esprit pour être tenté par le diable.

Le démon ne peut nous mettre à l’épreuve qu’au temps et à la manière permise par Dieu, 

et pas au-delà. 

C’est l’Esprit-Saint, le grand pédagogue, qui est le Maitre d’œuvre de notre Carême.

 

[ Le résultat à envisager, c’est de pouvoir être totalement uni à la volonté du Père 

dans un amour confiant et renouvelé d’enfant bien-aimé, soutenu intérieurement par le service des anges : c’est cela, l’achèvement du Carême. ]

Qui est le tentateur ? C’est le démon, le même qui a poussé Adam et Eve à la faute, à se méfier de Dieu, à douter de sa bonté, et à se couper de Dieu.  Cela est décrit de façon si riche dans le récit de la Genèse, qui mériterait un enseignement à lui tout seul.

Le démon existe-t-il ? Oui, bien sûr ! 

Il ne s’agit pas d’une image littéraire, d’une personnification de notre fragilité ou de nos faiblesses,  

mais bien d’un être personnel spirituel pervers, d’un ange déchu.

 

Mais d’abord, Jésus a -t-il été vraiment tenté ? Parfaitement ! Le Christ était tenté par le diable ! Comment Lui qui est Dieu peut-il être tenté, mis à l’épreuve par le démon ?

C’est dans son humanité crée, semblable à nous en toutes choses que Jésus a été tenté.

Mais sa divinité n’était troublée en rien par le démon.

Oui, les tentations de Jésus sont de vraies tentations, c’est-à-dire que, dans son imagination d’homme, Jésus a vraiment ressenti l’attrait et le désir, 

il a vraiment ressenti l’envie de ce que Satan lui présentait. 

Mais sa volonté humaine est restée fermement attaché aux commandements de son Père.

 

Je rappelle que la tentation, dans son début, n’est jamais un péché. C’est le fait d’y consentir, une fois qu’on s’était rendu compte que l’on était tenté, qui la transforme en péché.

Donc ne voyons pas dans ce récit une belle histoire genre conte de fée, où tout était facile pour le Christ! Quand Jésus lutte, il lutte vraiment, comme Adam et Eve auraient dû lutter, comme le peuple d’Israël dans le désert, comme nous. Jésus lutte pour que, nous aussi, nous sachions lutter.

 

A chaque tentation, Jésus répond en citant l’Ecriture. Pour la première  : Il est écrit : L’homme ne se nourrit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.

La solution à nos tentations se trouve dans une plus grande méditation de la Bible. 

Ce Carême nous appelle à lire chaque jour la Parole de Dieu, à en prendre le temps. 

La tentation, ce sera alors: « mais je n’ai pas le temps, voyons, même pas 5 minutes. Avec mon travail !!! » Mais est-ce là le vrai problème ? 

On n’a jamais vu quelqu’un mourir de faim parce qu’il manquait de temps pour manger. 

On prend toujours le temps pour ce que l’on considère comme vital. 

Vais-je prendre le temps, en ce Carême, d’écouter d’abord ce que Dieu me fait entendre au plus secret de mon coeur.? 

 

Conclusion :  

Au-delà du combat spirituel indispensable, il y a la victoire de Pâques que nous partagerons avec Jésus.  CEC 2863 En disant « Ne nous laisse pas entrer en tentation » nous demandons à Dieu qu’il ne nous permette pas d’emprunter le chemin qui conduit au péché. Cette demande implore l’Esprit de discernement et de force; elle sollicite la grâce de la vigilance et la persévérance finale.  

Vigile : profession de foi baptismale = déclaration d’amour à Dieu.