Tout le mystère de Dieu est dans le mystère du Christ,
Et tout le mystère du Christ est dans le mystère de l’Eucharistie.
Chers enfants qui allez communier pour la première fois,
et vous tous, chrétiens déjà trop habitués, profitons de cette Fête-Dieu pour redécouvrir
et nous émerveiller devant le mystère de l’Eucharistie.
L’Eucharistie, la messe, c’est vraiment le sommet de la vie chrétienne.
L’Eucharistie, c’est le mystère des mystères, c’est la pointe de diamant au sommet de la pyramide du mystère de Dieu.
Celui qui croit dans l’Eucharistie, croit et accueille forcément toutes les autres vérités révélées par Dieu. Car humainement, l’Eucharistie est impensable.
Il n’y a que Dieu pour avoir pensé et voulu une chose pareille !
La seule chose qui nous est demandée, c’est d’accepter,
c’est d’accueillir simplement ce don qui dépasse toute imagination.
Dieu lui-même se donne en partage !
Nous ne pouvons que Le recevoir avec une reconnaissance totale.
Il y a 2.000 ans, les juifs de Capharnaüm étaient rassemblés à la Synagogue autour de Jésus et ils ont entendu les paroles du Christ si fortes et si déroutantes pour notre pensée humaine limitée : Moi, je suis le pain vivant qui est descendu du ciel.
Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle.
Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi, je demeure en lui.
Celui qui me mange vivra par moi.
Ces paroles du Christ sont des paroles fortes, claires et précises.
Jésus nous demande de le manger pour nous faire partager sa propre vie.
Il y tient énormément. Est-ce que nous Le prenons au sérieux ?
Est-ce que cela nous intéresse ? Voulons-nous vraiment partager la vie du Christ ?
La religion chrétienne se définit par une amitié avec Dieu lui-même, qui s’est fait un homme comme nous, le Seigneur Jésus. Pour atteindre le partage de la vie de Dieu, il nous faut passer par une amitié humaine bouleversante avec Jésus.
Oui, il nous aime tellement qu’il veut demeurer en nous et que nous demeurions en lui.
Oui, nous sommes faits pour une union permanente et très belle avec lui, au point de partager les mêmes sentiments, la même volonté, le même désir, le même amour..
Oui, cela dépasse notre entendement. Mais parce que Jésus nous y invite,
nous savons que ce serait un non-sens de décliner une telle offre.
Nous voulons nous laisser faire par cet amour fou.
Accueillir l’Eucharistie par la communion n’est pas une option, c’est une nécessité vitale : Amen, en vérité, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n’avez pas la vie en vous.
Jésus vivant, ressuscité, veut être la nourriture régulière de notre âme :
Ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson.
Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ;
et moi, je le ressusciterai au dernier jour.
Pour un chrétien, le rythme minimum de la communion, c’est tous les dimanches.
Oui, comme l’a résumé St Thomas d’Aquin,
la messe est bien un banquet sacré où le Christ lui-même est reçu en nourriture, où notre âme est remplie de sa grâce, et la gloire éternelle nous est déjà donnée.
Beaucoup en ont fait l’expérience : l’Eucharistie est la vraie nourriture de notre âme.
Par la bouche de Moïse, Dieu dit à son peuple :
Ton Dieu t’a fait passer par la pauvreté, il t’a fait sentir la faim, et il t’a donné à manger la manne – cette nourriture que ni toi ni tes pères n’aviez connue – pour que tu saches que l’homme ne vit pas seulement de pain, mais de tout ce qui vient de la bouche du Seigneur.
Nous aussi, en ce dimanche, nous venons nous rassasier du don de Dieu.
Nous le prenons au sérieux :
puisqu’il tient à venir demeurer en nous pour nous partager sa vie intime,
nous voulons les mêmes choses que lui, et nous sommes unis à tous ceux qui sont unis à lui.
L’Eucharistie, c’est du feu ! On ne peut s’en approcher sans brûler d’amour à notre tour !
Si nous mettons spirituellement une combinaison d’amiante, si nous nous forçons à rester indifférents à l’Eucharistie, nous mangeons notre propre condamnation, dit Saint Paul.
La communion ne s’arrête d’ailleurs pas juste après avoir reçu Jésus dans notre corps.
Tout de suite après, nous prenons un temps de coeur à coeur avec Jésus pour profiter consciemment de sa présence en nous.
Et l’adoration est la prolongation naturelle de la communion plus tard dans la semaine.
Demeurer, c’est durer, c’est rester, c’est poursuivre le dialogue du coeur.
Après la messe, la procession du St Sacrement sera un mode particulier de prolongation de notre communion.
La communion et l’adoration nous permettent de vivre selon les trois verbes qui résumaient la pensée de Ste Thérèse de l’Enfant-Jésus : Être aimé, aimer, faire aimer l’Amour.
Si je me laisse aimer, si je me laisse regarder jusqu’au plus profond de moi par le Seigneur Jésus,si j’accepte cet amour qui n’est pas lié à des mérites préalables,
alors mon âme peut retrouver l’innocence, la confiance absolue, alors je vais aimer Jésus en retour d’un amour enflammé, et par conséquence, je vais désirer ardemment que tous ceux que je rencontre puissent découvrir qu’ils sont aimés par le Seigneur et l’aimer en retour.
Bonne communion !