Très chers frères et soeurs, selon l’expression d’une collecte de ce temps d’Avent,
nous sommes déjà réconfortés par la présence du Christ qui doit venir.
C’est paradoxal : nous attendons la venue de Jésus,
et c’est dans cette attente même que nous pouvons déjà goûter sa présence mystérieuse.
Permettez-moi de retenir deux points importants de toutes ces lectures de la parole de Dieu !
L’appel brûlant à la conversion, et le baptême dans l’Esprit Saint et le feu.
Comme il l’a fait pour les juifs il y a 2.000 ans,
à nous aussi, Jean-Baptiste rappelle que la venue prochaine du Christ à notre rencontre exige une conversion, un changement de vie. Rencontrer Dieu appelle à la cohérence.
Il est impossible de s’approcher de Lui en voulant maintenir une vie de péché.
On ne se moque pas de Dieu.
Jean-Baptiste proclame et propose un baptême, c’est à dire un bain de purification,
pour se reconnaitre sale, pécheur, et manifester notre volonté ferme de rejeter le péché et de laisser Dieu nous sauver.
Pour nous qui sommes déjà baptisés, le mode offert par Jésus pour vivre cette conversion, c’est le sacrement du pardon, la confession ! La démarche du sacrement est inséparable d’une prise de conscience de mon péché, de son rejet et d’une volonté ferme de commencer une nouvelle vie. mais par grâce, c’est le sacrement lui-même qui va transformer ma charité imparfaite pour le Seigneur en charité parfaite.
Oui, je crains que trop de baptisés n’aient perdu l’usage de ce cadeau merveilleux.
Si l’Eglise rappelle que le minimum vital pour un chrétien est d’une confession par an au temps de Pâques, c’est bien la fréquence et la régularité des confessions qui favorise la sainteté, la véritable amitié avec le Seigneur.
Notre âme respire et se nettoie grâce à la confession régulière.
Oui, prenons la résolution de bien nous préparer à une bonne confession avant Noël.
Pour bien vivre cette confession, commençons par reconnaitre nos péchés.
Ne commençons pas par la liste de ce qui nous fait honte ou nous gêne, mais demandons au préalable au Seigneur Jésus de nous faire sentir clairement dans notre coeur ce qui Lui a déplu de notre part.
Je vous rassure : sans rien entendre dans vos oreilles, s’imposera à vous avec force et douceur, la pleine conscience de vos péchés, et ce que nous appelons la contrition de nos fautes. Oui, j’ai déçu et blessé profondément le Christ dans son attente sur moi. Et je ne peux pas laisser la situation comme ça. Il s’agit pour moi de produire un fruit digne de la conversion.
C’est l’enjeu de la pénitence, que le prêtre indique au pénitent à la fin de sa confession.
Nous sommes invités à accomplir un effort moral précis et mesurable sur une durée limitée après la confession, et cet effort n’est que la traduction concrète de notre conversion profonde.
Maintenant, disons-le simplement, une vraie conversion est impossible sans le don préalable du Seigneur, qui nous remplit de son Esprit-Saint pour célébrer une confession sincère et fructueuse : Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu !
Car l’Esprit Saint, c’est l’amour même de Dieu, c’est un feu dévorant qui ne laisse rien subsister de mal.
C’est l’Esprit Saint qui atteste à notre âme que nous sommes vraiment enfants de Dieu.
Et c’est l’Esprit-Saint qui nous fait oser nous avancer vers une amitié intime avec le Christ, … parce que c’est cela-même à quoi Dieu nous invite.
C’est l’esprit filial qui fait brûler nos coeurs d’amour pour Dieu le Père.
C’est l’Esprit Saint qui nous fait regretter de façon forte et équilibrée tout ce qui a pu blesser le coeur plein d’Amour du Père invisible.
Parmi les 7 dons du St Esprit, nous lui réclamons avant Noël tout spécialement 3 dons : l’esprit de crainte filiale, l’esprit d’intelligence et l’esprit de sagesse. De quoi s’agit-il ?
L’esprit de crainte filiale
c’est le revers de la médaille de l’esprit filial. C’est la crainte pleine de délicatesse de l’enfant qui se rend compte qu’il a blessé et déçu ses parents, et qui veut pourtant leur crier son amour.
C’est le souci sincère d’éviter tout péché, tout ce qui peut blesser le coeur de Dieu.
C’est cet esprit qui nous donne la vraie contrition, qui est si différente du remords.
Isaïe prophétise sur la venue du Seigneur : Il n’y aura plus de mal ni de corruption sur toute ma montagne sainte ; car la connaissance du Seigneur remplira le pays comme les eaux recouvrent le fond de la mer. Quoi de plus désirable que cette connaissance de Dieu ?
Cette connaissance expérimentale de Dieu, bien plus que seulement intellectuelle, elle se décline de deux façons, selon que je connais Dieu en Lui-même, ou que je m’émerveille de son oeuvre en moi et à travers moi.
L’esprit d’intelligence, c’est partager le regard et l’amour de Dieu sur ma propre vie !
Le don d’intelligence que nous demandons, c’est de commencer à comprendre que l’amour de Dieu enveloppe toute mon existence, aussi bien dans les bons moments, que dans les épreuves, dont il est totalement innocent, et qu’il supporte pour un temps, parce qu’il est fermement décidé à en tirer un bien beaucoup plus grand pour moi.
Le don d’intelligence provoque mon émerveillement renouvelé chaque jour devant ce qu’il fait de beau et grand pour moi, ou mieux encore, à travers moi.
L’esprit de sagesse, c’est partager le regard et l’amour de Dieu sur Dieu lui-même,
C’est littéralement goûter Dieu déjà sur la terre. Puisque Jésus nous baptise dans l’Esprit Saint et le feu, il nous associe à son amour divin pour son Père. Il nous fait entrevoir, autant que c’est possible sur terre, le mystère fou de l’amour divin. Le don de sagesse, c’est le ciel déjà commencé sur terre !
Les saints le décrivent avec leurs mots à eux : Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi, dit Saint Paul. Oui, nous devons croire que nous est offerte à chacun la possibilité de partager dès maintenant les joies et les peines du Coeur de Dieu. C’est cela, la véritable amitié que Dieu nous offre ! Nous entrevoyons, même si c’est de façon limitée, ce que Dieu pense et veut, et nous y adhérons de tout notre être. On ne sait plus distinguer ce qui vient de notre liberté intacte et ce qui vient de Dieu.
Seigneur, remplis nous de ton Esprit-Saint, et que nous soyons immergé dans la connaissance émerveillée de ton mystère ! Amen !