Apprenons de Jésus à prier avec douceur et humilité !
L’évangile de saint Matthieu nous montre Jésus priant son Père à haute voix devant
ses disciples.
Oui, Jésus est un homme à part entière comme vous et moi,
mais il est d’abord une personne divine, la deuxième personne de la sainte Trinité.
Il est vraiment Dieu, à égalité avec le Père.
Avec le Père et l’Esprit Saint, il reçoit même adoration et même gloire.
En tant que Dieu, il ne se prie pas lui-même. Et pourtant, il prie.
Comme homme, il est vital pour son âme de prier,
et de traduire ainsi humainement son lien intime avec son Père éternel.
Il prie souvent, et quelquefois, il prie même à haute voix devant ceux qui l’entourent.
De cette façon, il nous fait un cadeau merveilleux,
car il nous livre ainsi les trésors de son âme humaine créée, semblable à la nôtre.
C’est en tant qu’homme que Jésus prie.
La prière de Jésus ne contredit pas sa divinité,
mais elle nous manifeste son intimité trinitaire.
Vous comprenez alors à quel point nous, qui ne sommes pas Dieu,
nous avons besoin de prier, de passer du temps dans un dialogue d’amour,
dans un cœur à cœur intime avec Dieu.
Comment Jésus prie-t-il ? Que dit-il ?
* Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange.
Jésus ne commence pas par demander, mais par louer !
Et si, comme Jésus, nous commencions toutes nos prières par la louange de Dieu?
Par nous émerveiller de son amour pour nous ?
Par nous réjouir de ce qu’il est, tout simplement ?
* Ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits.
Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bonté. Voilà quelque chose de bien
mystérieux.
Pourquoi Dieu se cache-t-il à certains, et se révèle-t-il à d’autres ?
Cela peut nous sembler arbitraire, injuste, indigne de lui.
Or Jésus nous dit bien que cela-même est une conséquence et une révélation de sa
bonté.
Jésus a toujours raison. Tâchons de comprendre : Dieu nous dépasse infiniment,
il est toujours plus grand, plus beau, meilleur que tout ce que nous pouvons imaginer.
Dieu, qui n’a pas besoin de nous, nous a créés, nous a appelés à l’existence pour
nous inviter à partager sa vie intime, son bonheu rintime. Il veut nous combler de lui-
même.
Encore faut-il que nous lui laissions la porte de notre cœur ouverte pour qu’il puisse
s’y engouffrer. Ce qui bloque la porte, c’est l’orgueil spirituel, la prétention d’être
quelque chose par soi-même devant Dieu. C’est prétendre déjà connaitre Dieu, et
réduire son mystère infini aux miettes que nous pouvons en comprendre.
Au contraire, ce qui ouvre notre âme et qui y attire infailliblement Dieu,
c’est l’humilité, c’est être en vérité ce que nous sommes devant Dieu :
des êtres petits et fragiles, mais si désireux de laisser faire Dieu en nous,
qui viendra combler tous les désirs grands que son Esprit Saint suscite en
nous.
Parce que Dieu est vraiment bon,
il sait que nous avons besoin de nous reconnaitre faible et dépendant
pour profiter de son amour et de sa vie.
Pour accueillir Dieu, il faut avoir envie de Lui. Pour vivre de Dieu, il faut un grand
désir.
* Tout m’a été confié par mon Père : seul le Père connait le Fils et seul le Fils
connait le Père, et celui à qui le Fils veut le révéler.
Jésus est venu nous révéler par sa vie humaine la réalité cachée de son Père.
Pour connaitre Dieu, il faut passer par l’humanité de Jésus, il faut découvrir son état
intérieur, Ni vous ni moi ne connaissons la couleur des yeux de Jésus, ni la longueur
de ses cheveux ou de sa barbe, mais tous nous avons accès grâce à l’évangile au
scanner intérieur du Christ.
Nous pouvons découvrir les sentiments profonds de son Sacré Cœur : car je suis
doux et humble de cœur.
Après avoir prié son Père devant nous, Jésus nous exhorte :
Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau,
et moi je vous procurerai le repos.
Quel est ce fardeau, et en quoi consiste ce repos ?
Le fardeau, c’est celui du péché et de ses conséquences.
Le repos de Dieu n’ a rien à voir avec l’inconscience de la sieste.
Le repos de Dieu, c’est celui dont nous parle le premier chapitre du livre de la
Genèse dans la Bible. Le 7 ème jour de la Création, quand Dieu eut achevé son œuvre,
Dieu se reposa, c'est-à-dire Dieu se complut dans son œuvre, Dieu profita et se
réjouit de ce qu’il avait fait.
Nous goûtons le repos de Dieu lorsque nous partageons quelque chose de la joie
infinie de Dieu qui se plait à habiter et à vivre dans nos cœurs. C’est une réalité
objective, le plus souvent impalpable, mais qui peut quelquefois être ressentie de
façon très forte au fond de nos cœurs, quand Jésus sait que c’est bon pour nous.
Notre repos en Dieu cet été : vertu d’eutrapélie. prendre du temps gratuit avec Dieu
et avec les autres, contemplation de Dieu et gratuité dans les rencontres humaines.
* Car je suis doux et humble de cœur.
Je voudrais que nous terminions en ne retenant peut-être que cela aujourd’hui de
Jésus :
c’est le plus important : je suis doux et humble de cœur.
Le prophète Isaïe, plus de mille ans avant Jésus, annonce que le Messie qui doit
venir sera un roi victorieux, mais un roi de paix, doux et humble, monté sur un ânon.
Cette prophétie se vérifiera à la lettre lors de l’entrée triomphale de Jésus à
Jérusalem le dimanche des Rameaux.
Tout au long de l’évangile, Jésus est d’une infinie douceur et délicatesse avec les
enfants, les pauvres, les malades, les pécheurs, ceux qui sont dans l’affliction.
Mais cette douceur n’a rien d’une mièvrerie : il est aussi très fort dans ses réactions
face aux pharisiens et à tous ceux qui veulent forcer Dieu à se plier à leurs idées
personnelles.
Je pense à son arrestation ou à ses jugements devant le grand-prêtre, devant Pilate
ou Hérode.
Jésus est vraiment humble : c'est-à-dire qu’il est en vérité devant son Père.
Il est pleinement lui-même. Il est pleinement Dieu et pleinement homme.
Cette véritable humilité n’a rien à voir avec les caricatures que nous nous en faisons
quelques fois. Jésus est fier de s’appeler aussi bien le Fils de l’homme que le Fils du
Père.
A nous de lui ressembler, de vivre sa douceur, sa force et son humilité.