Très chers frères et sœurs,
je suis très heureux de commencer avec vous cette nouvelle année liturgique.
L’Eglise nous fait repartir du point même où nous étions arrivés dimanche dernier, fête du Christ-Roi.
En ce premier dimanche d’Avent, nous contemplons, toujours dans la foi, la venue définitive du Seigneur Jésus à la fin des temps. L’évangile d’aujourd’hui nous redit que cette venue ultime du Christ est aussi certaine qu’imprévisible. Mais ce qui importe essentiellement à Jésus, c’est que notre âme veille, et que nous nous tenions spirituellement prêt pour sa venue.
St Paul développe les conditions spirituelles et morales de cette veille.
Le salut est plus près de nous maintenant. Rejetons les œuvres des ténèbres, revêtons-nous des armes de la lumière. … Conduisons-nous honnêtement, … revêtez-vous du Seigneur Jésus Christ !
Nous revêtir du Seigneur Jésus-Christ, c’est ce que nous avons fait symboliquement au baptême en revêtant le vêtement blanc. En ce temps d’Avent, nous allons renouveler ce que signifie ce rite.
Nous allons chercher à vibrer à l’unisson des pensées et des élans du Coeur du Christ, présent en chacun de nous. Cela se traduit concrètement par une conversion en acte : Conduisons-nous honnêtement, comme on le fait en plein jour, sans orgies ni beuveries, sans luxure ni débauches, sans rivalité ni jalousie, Notre seul programme, c’est la personne vivante du Christ. Et la venue définitive de son Royaume sera quand le Christ vivra totalement en moi !
La prophétie d’Isaïe et le psaume 121 nous parlent explicitement d’un autre aspect essentiel de la venue définitive du Christ en gloire : c’est l’instauration plénière du Royaume de Dieu, préfiguré dans la ville de Jérusalem.
Cette réalisation du Royaume de Dieu sur la terre, c’est la croissance et la vie de l’Eglise.
Se préparer à Noël, attendre la réalisation plénière du Royaume de Dieu,
c’est participer activement à la vie et à la croissance de l’Eglise.
En accueillant progressivement tous les hommes pour les conduire à la sainteté, l’Eglise ne fait que remplir sa mission.
Le prophète Isaïe en particulier nous annonce l’entrée de toute l’humanité dans le peuple de Dieu.
Vers la montagne de la maison du Seigneur afflueront toutes les nations et viendront des peuples nombreux. Dieu veut rassembler tous les hommes dans son Eglise, dans sa famille.
Et cette Eglise est destinée à illuminer tous les hommes par la Parole de Dieu.
Qu’il nous enseigne ses chemins, et nous irons par ses sentiers.
Oui, la loi sortira de Sion, et de Jérusalem, la parole du Seigneur.
La vie de l’Eglise, c’est donc bien notre affaire à tous.
Et le but de l’Eglise, il est double : cf l’auto définition de l’Eglise à Vatican II
Réaliser dans le Christ l’union intime de tout homme à Dieu et l’unité du genre humain.
Nous devons travailler simultanément à aider tout homme à découvrir l’amour extraordinaire que le Seigneur Jésus lui porte, et être inlassablement des artisans de paix là où Dieu nous a placés.
Le Royaume de Dieu consistera en l’avènement de la paix dans la concorde des peuples.
De leurs épées, ils forgeront des socs, et de leurs lances, des faucilles.
Jamais nation contre nation ne lèvera l’épée ; ils n’apprendront plus la guerre.
Quelle mission ! mais en même temps, c’est le côté le plus encourageant, le plus enthousiasmant du retour du Christ qui nous est présenté.
L’attitude intérieure et extérieure qui nous est demandée, c’est l’enthousiasme !
Venez, maison de Jacob ! Marchons à la lumière du Seigneur.
L’invitation est lancé à tous les hommes en ce temps de l’Avent :
Marchons à la lumière du Seigneur pour aller à sa rencontre dans son Royaume !
Le Psaume 121 surenchérit : Quelle joie quand on m’a dit : « Nous irons à la maison du Seigneur ! »
Maintenant notre marche prend fin devant tes portes, Jérusalem !
L’attente fervente de la venue du Christ et de l’instauration définitive de son Royaume passe donc par un amour renouvelé de l’Eglise : À cause de mes frères et de mes proches, je dirai à Jérusalem : « Paix sur toi ! » À cause de la maison du Seigneur notre Dieu, je désire ton bien.
Veillez ! La vigilance spirituelle est caractéristique du chrétien.
De quoi s’agit-il ? Il ne s’agit pas de l’insomnie physique, mais d’une veille amoureuse du coeur qui cherche à reconnaitre les traces du Christ dans tout ce qui nous arrive. C’est la volonté de correspondre à tout le bien que Dieu nous offre à accomplir.
Cette vigilance spirituelle est aux antipodes de l’agitation brouillonne et du stress.
Elle est paix et joie dans l’Esprit Saint. Elle est dans la persévérance humble à remplir la tâche que Jésus nous a confié dans notre famille, dans la société et dans l’Eglise.
Et c’est bien ce qui fondera le discernement opéré au Jugement dernier, entre ceux qui seront pris dans le Royaume des cieux et ceux qui seront laissés.
Oui, en ce dimanche, nous entrons dans la joie paisible de l’Avent :
nous sommes bien à notre place dans le plan d’amour de Dieu !