Par la Transfiguration, le Seigneur Jésus nous fait entrer à la suite de Pierre, Jean et Jacques,
dans le mystère de l’alliance d’amour qu’il établit avec nous.

A. L’initiative de l’amour vient toujours de Dieu.
Dans la Genèse, c’est Dieu qui fait à Abram, – qui ne s’appelle pas encore Abraham- une promesse initiale, sans aucun mérite préalable et sans contrepartie : Ta descendance sera aussi nombreuse que les étoiles du ciel. L’amour de Dieu est premier et non conditionné.
Et Dieu tiendra ses promesses : – au plan biologique, c’est tout le peuple juif;
– au plan spirituel, c’est le peuple des croyants, c’est tout le peuple chrétien, c’est chacun de nous…

Dans l’évangile, c’est par choix de Jésus que 3 apôtres privilégiés vont assister à sa transfiguration.
Ils sont plongés tout entier avec Jésus dans sa gloire, dans le mystère d’amour de la Trinité :
C’est la voix du Père qui se fait entendre : « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi : écoutez-le ! »
C’est la divinité du Fils éternel qui transparait dans la lumière qui rayonne du visage du Christ.
C’est le Saint Esprit qui est manifesté dans la nuée lumineuse dans laquelle ils sont immergés.

Et Saint Paul nous affirme que cette transfiguration est le sort que Dieu destine à chacun de nous : Frères, nous avons notre citoyenneté dans les cieux,
d’où nous attendons comme sauveur le Seigneur Jésus Christ,
lui qui transformera nos pauvres corps à l’image de son corps glorieux,
avec la puissance active qui le rend même capable de tout mettre sous son pouvoir.
La Transfiguration du Christ nous annonce le projet d’amour de la Trinité pour tous les hommes.

B. La réponse libre de l’homme à l’initiative d’amour de Dieu, c’est la foi.
Dans la Genèse, cela tient en une seule phrase merveilleuse :
Abram eut foi dans le Seigneur et le Seigneur estima qu’il était juste.
Cette phrase, nous devons l’apprendre par coeur !
La grandeur de l’homme, c’est d’accueillir sans aucune entrave la déclaration d’amour de Dieu.
La foi, c’est prendre Dieu au sérieux,
c’est accepter cet amour premier de sa part et sans raison humaine.
Dieu nous aime, Dieu a décidé de nous aimer avant même que nous existions,
et c’est comme ça, simplement, parce que Dieu est Dieu.
Accueillir l’amour de Dieu, c’est ça, la foi !

C. La foi nous rend libre face à Dieu, dans un infini respect de sa grandeur.
Elle ne nous ne rend ni aveugle, ni contraint, au contraire.
Dans la Genèse, Abram, a quitté son pays à l’âge de 80 ans, pour aller vers la Terre promise par Dieu. A près de 86 ans, il est toujours nomade sur une terre étrangère, et il n’a pas de descendance.
Alors il se permet, très respectueusement, de demander à Dieu :
“Comment vais-je savoir que j’ai cette terre en héritage ? »
L’absence de réalisation immédiate des promesses de Dieu met notre foi à l’épreuve.
Et il n’est absolument pas interdit de demander des signes à Dieu,
à condition seulement de ne pas dicter à Dieu ce qu’il doit faire
et d’attendre avec confiance sa réponse qui ne peut décevoir.

Saint Pierre, lui, est perdu devant Dieu,
et plein de bonne volonté, sans réaliser l’énormité de ce qu’il dit, il lui propose ses services :
“Faisons trois tentes : une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. » Il ne savait pas ce qu’il disait.
Nous aussi, nous pouvons être maladroits devant Dieu.
Il ne nous en voudra pas, car il sait que nous sommes dépassés par sa grandeur.
Mais la grandeur de Dieu, c’est de s’adapter à notre petitesse.

D. La Transfiguration nous prépare au mystère de Pâques
Pâques, c’est l’Alliance d’Amour nouvelle et éternelle que Dieu a établie pour toujours.
Dans la Genèse, Dieu demande à Abram de préparer un sacrifice de communion selon les coutumes de l’époque : l’homme partage les animaux en deux pour un repas : une moitié pour Dieu, une moitié pour l’homme. Mais c’est Dieu qui vient sceller l’alliance en rôtissant les offrandes au feu brûlant de son amour.
Dans l’évangile, de quoi Jésus parle-t-il avec Moïse et Elie ?
Ils parlaient de son départ qui allait s’accomplir à Jérusalem, ils parlent du mystère de Pâques,
c’est à dire de son départ vers le Père par sa mort et sa résurrection.
Ce qui occupe Jésus dans sa prière,
c’est d’accomplir parfaitement la volonté du Père pour répondre à son amour.
Avant de retourner auprès du Père, Jésus veut aller jusqu’au bout de sa mission
qui est de rendre visible aux hommes la bonté infinie de Dieu pour eux.

Jésus a voulu que ce soient les trois mêmes disciples qui contemplent successivement sa gloire dans la transfiguration et son agonie au soir du Jeudi saint au jardin des oliviers.
Ce sont les deux facettes inséparables de Pâques qui nous font entrer dans le mystère de Dieu.
L’abîme insondable des souffrances de la Passion ne peut se vivre qu’à la lumière de la gloire de la résurrection.
La cause profonde de la Passion et de la Résurrection, c’est l’amour infini de Dieu pour chacun de nous, pour tous les hommes.
C’est cela le mystère de Pâques que nous nous préparons à vivre.

Prions le Seigneur Jésus de pouvoir contempler son visage.
C’est Ta face, Seigneur, que je cherche !