Chers frères et sœurs, 

c’est un magnifique patronage pour notre paroisse 

que sainte Anne, la mère de la vierge Marie, la grand-mère du Christ.

A travers elle et Saint Joachim, son époux, – que nous ne pouvons jamais séparer d’elle -, 

nous apprenons à vivre en famille avec le Christ, 

nous découvrons la profondeur de sanctification 

  que représente la vie de famille vécue chrétiennement.

Pour l’Eglise universelle, c’est la journée des grands-parents, 

c’est le temps de prier pour soutenir tous les grands-parents 

dans leur rôle irremplaçable au service de la vie des familles et de l’Eglise.

 

Que nous dit la Parole de Dieu en cette fête ? 

Elle nous affirme d’abord que Dieu se rend mystérieusement présent et visible dans nos vies de famille.

Heureux vos yeux puisqu’ils voient, et vos oreilles puisqu’elles entendent ! nous dit Jésus.

– Oui, Seigneur, mais qu’est-ce que nos yeux voient et nos oreilles entendent ?

Ce qui est sous votre nez ! Dans vos enfants et vos petits-enfants, 

je suis mystérieusement présent et j’attends un service d’amour de votre part !

C’est moi qui vous les ai confiés. 

Quelque soient les défauts et les faiblesses de vos descendants, 

  j’ai mis dans vos cœurs de parents et de grands-parents 

  toute la force d’amour nécessaire pour leur vouloir et leur faire du bien en mon nom !

Vos vies de famille ne sont pas une parenthése déconnectée de la vie du monde. Au contraire, toute famille qui entretient l’amour en son sein collabore au salut de notre monde.

 

Mettons-nous un instant à la place d’Anne et Joachim : 

leur vie de famille est restée toute simple et cachée aux yeux des hommes. 

Ils ont connu les joies et les peines de toutes les familles.

S’ils n’ont pas connu de péché en Marie et en Jésus, 

ils n’en vivaient pas moins dans un monde qui était aussi dur et cruel que le nôtre.

Et pourtant, toute la saintété du monde déambulait dnas leur maison !

 

Qu’ont-ils fait de particulier ? Rien du point de vue des activités : ils ont éduqué, fait manger, soigné, entouré leur fille, puis leur petit-fils comme tous les parents du monde.

Mais tout du point de vue de l’état d’esprit et de la générosité intérieure. 

  Et ça change beaucoup de choses !

Anne et Joachim ont vécu avec une intensité rare de foi, d’espérance et de charité profonde leur rôle irremplaçable de parents et de grand-parents

 

Ce qui est resté longtemps caché aux yeux des hommes, 

s’est révélé gigantesque aux yeux de Dieu, 

et s’est même dévoilé de façon magnifique dans le temps 

à travers la vie de leur fille et de leur petit-fils.

 

Même si Marie est immaculée dès sa conception, et que Jésus est d’abord une personne divine, 

néanmoins, c’est d’Anne et Joachim que Marie et Jésus ont reçu leur éducation humaine, 

leur structuration dans la foi et dans l’amour de Dieu. 

Ils l’ont reçu de l’exemple vivant d’Anne et Joachim.

Dans nos qualités et nos grandeurs, 

nous sommes essentiellement ce que nos parents et grands-parents nous ont transmis.

Lorrain d’origine, je suis resté marqué par l’éloge que sainte Jeanne d’Arc a fait au cours de son procès à propos de ses parents, qui lui ont transmis la foi,  et du curé de Domrémy qui l’a préparée à sa première communion.

Sans eux, et leur rôle resté caché, notre pays ne serait pas ce qu’il est aujourd’hui.

 

Et je suis sûr que dans les grands-parents présents ce matin se trouvent ceux des futurs saints que Dieu préparent pour les années à venir.

Oui, le rôle des grands-parents est grand et noble, même s’il ne fait pas la une des journaux !

 

Alors, comment remplir votre rôle si beau aux yeux de Dieu ? En vivant de la foi ! 

La foi est une façon de posséder ce que l’on espère, 

un moyen de connaître des réalités qu’on ne voit pas. 

Et quand l’Écriture rend témoignage aux anciens, c’est à cause de leur foi.

 

L’auteur de la lettre aux Hébreux met en valeur la foi d’Abraham, d’Isaac, de Jacob et de Sara, qui sont nos grands-parents dans la foi. 

Nous aussi, par la foi, nous obéissons à l’appel de Dieu.

En prenant soin de ces enfants-là, de ces petits-enfants-là, 

parce que je crois que Dieu me les a confiés, et que Dieu est fidèle à ses promesses, 

alors je crois à la fécondité réelle de ce que Dieu me demande, 

  même si je n’en vois pratiquement rien durant mon passage sur terre.

En parlant d’Abraham, l’auteur de la lettre aux Hébreux nous dit : 

C’est pourquoi, d’un seul homme, déjà marqué par la mort, 

a pu naître une descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel 

et que le sable au bord de la mer, une multitude innombrable.

 

La transmission de la foi en famille est un des plus beaux rôles de charité que Dieu nous offre sur cette terre.

Cette transmission de la foi ne restera certainement pas sans récompense dans la vie éternelle.

 

En disant cela, je n’ignore pas les blessures, les échecs, et spécialement les déceptions, aujourd’hui si nombreuses, sur la transmission de la foi chez les petits-enfants.

 

Ne désespérons jamais ! Ce qui a été, est !

Ce que nous avons semé par un exemple même muet, de vraie vie intérieure, de pratique religieuse, n’est jamais perdu. 

Nos enfants et nos petits-enfants nous ont vu vivre notre foi, en témoigner simplement.

Même s’ils ne disent rien, ils ont tout enregistré. 

Et l’Esprit Saint réactivera leur mémoire quand il le jugera bon.

Si aujourd’hui, les vents sont contraires à la foi chrétienne dans la société, 

c’est bien la persévérance dans la foi, 

et l’espérance joyeuse de la grâce de Dieu pour nos descendants 

qui est la façon la plus efficace de collaborer à l’œuvre de Dieu.

 

Chers parents et grands-parents ici présents, 

comptez sur Dieu qui aime vos descendants encore plus que vous.

Dieu vous fait le très grand honneur 

  de vous associer aux sentiments de son Cœur de Père.

S’il vous est donné de partager sa peine, 

il vous partagera aussi la joie de la victoire assurée de son amour dans les cœurs.

 

Nous allons prier tout spécialement pour les grands-parents ici présents, 

que j’invite maintenant à s’avancer devant l’autel, 

ou à s’échelonner dans l’allée centrale vu le nombre, pour recevoir la bénédiction.   Amen.