St Paul  : “Cette grâce nous avait été donnée dans le Christ Jésus avant tous les siècles, 

et maintenant elle est devenue visible, car notre Sauveur, le Christ Jésus, s’est manifesté”:

Le mystère de la Transfiguration nous est donné à contempler dès ce 2ème dimanche du Carême, car il nous donne le sens et le but ultime de notre Carême : vivre le mystère de Pâques avec Jésus, le laisser vivre en nous sa Passion et sa Résurrection.

Jésus emmène avec lui sur la montagne du Thabor pour assister à sa Transfiguration Pierre, Jacques et Jean. Ce sont les mêmes trois apôtres qui assisteront au plus près de lui le soir du Jeudi Saint à son agonie au Jardin des Oliviers et à sa sueur de sang. Comme les deux faces d’une même médaille, la souffrance et les abaissements de l’humanité du Christ offerts par amour sont inséparablement liés à la gloire de sa divinité qui se manifestera avec éclat à la Résurrection, mais qui est dévoilée par anticipation à la Transfiguration. 

La foi consiste à accueillir d’un même cœur ces deux aspects apparemment si contradictoires de la vie de Jésus

Notre amour pour lui nous pousse à accepter de partager avec lui autant ses souffrances que sa gloire. 

La vie chrétienne se nourrit de la contemplation de la gloire divine qui transparaît dans l’humanité du Christ, pour ne pas être scandalisée par son abaissement dans la passion. 

Ce mystère insondable ne peut être approché que dans la foi, 

  dans l’adoration humble et respectueuse d’une sagesse qui nous dépasse infiniment. 

Profitons de ce dimanche pour entrevoir le mystère ineffable de la Sainte Trinité. 

Plongé dans la nuée lumineuse qui est le signe de l’Esprit Saint, le Père nous dit éternellement de Jésus : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie : écoutez-le ! »  

Cette affirmation est bouleversante. Le fait que Dieu veuille nous partager sa vie intime, sans rien enlever à la dureté et à l’horreur de tant de situations humaines dans le monde, nous dévoile une beauté et une paix infinie qui donne tout son sens à nos vies. 

Même les plus noires abominations ne peuvent empêcher cette lumière divine de toucher les situations les plus désespérées humainement : Dieu est présent partout, mais spécialement là où sont bafoués des innocents. Et nous devons en témoigner aujourd’hui à Laval.  

Cette semaine, le Parlement français vient de voter la loi sur le suicide assisté et l’euthanasie, bafouant ainsi directement le 5ème commandement : Tu ne tueras pas !

C’est le degré ultime de la décadence de notre société. 

Par notre représentation nationale, nous venons collectivement de signer notre arrêt de mort. En son temps, Mère Téresa prophétisait déjà qu’une société où une mère est autorisée officiellement à tuer son propre bébé innocent deviendrait très violente et mortifère. 

Par cette loi sur l’euthanasie, la boucle est bouclée : si on peut tuer légalement un être humain fragile innocent au début ou au terme de son existence, plus rien n’empêchera maintenant d’éliminer légalement – sous un prétexte humaniste ou dans un souci financier – des personnes qui gênent ou encombrent. 

Mais le mal n’aura jamais le dernier mot. Nous ne nous laisserons jamais enfermer dans le désespoir, qui est l’arme préférée du diable. Si nous avons perdu une bataille en France, nous n’avons pas perdu la guerre spirituelle pour rétablir le service de la vie et de l’amour. La Croix conduit à la Résurrection. Dès aujourd’hui, nous nous engageons tous, les catholiques, dans le travail de reconstruction d’une société basée sur l’évangile. Un jour, nous changerons cette loi.

Deux pistes d’effort : la formation des consciences, 

et l’objection de conscience face aux lois contraires à la Loi de Dieu.

 

Aucune loi ne pourra nous empêcher d’enseigner aux jeunes et aux moins jeunes que tuer un être humain innocent est toujours un mal grave, qui détruit celui qui le commet, ou l’approuve.

Redire inlassablement la vérité, contre le vent contraire des médias est notre chemin de croix et de résurrection.

Et si les circonstances veulent nous contraindre à poser cet acte, nous opposerons notre désobéissance au nom de notre conscience, ce que la loi immorale qui vient d’être votée a écarté, en instituant un délit d’entrave. Ce délit, qui punit d’emprisonnement et d’amende celui qui s’opposerait au prétendu droit à la mort, contredit ouvertement le devoir d’assistance à personne en danger. C’est la ruine du droit et de la justice.

 

Quelques rappels du Catéchisme de l’Eglise Catholique : 

1782 L’homme a le droit d’agir en conscience et en liberté afin de prendre personnellement les décisions morales. L’homme ne doit pas être contraint d’agir contre sa conscience. Mais il ne doit pas être empêché non plus d’agir selon sa conscience, surtout en matière religieuse.

 

2277 Quels qu’en soient les motifs et les moyens, l’euthanasie directe consiste à mettre fin à la vie de personnes handicapées, malades ou mourantes. Elle est moralement irrecevable. Ainsi une action ou une omission qui, de soi ou dans l’intention, donne la mort afin de supprimer la douleur, constitue un meurtre gravement contraire à la dignité de la personne humaine et au respect du Dieu vivant, son Créateur. L’erreur de jugement dans laquelle on peut être tombé de bonne foi, ne change pas la nature de cet acte meurtrier, toujours à proscrire et à exclure.

 

2324 L’euthanasie volontaire, quels qu’en soient les formes et les motifs, constitue un meurtre. Elle est gravement contraire à la dignité de la personne humaine et au respect du Dieu vivant, son Créateur.

 

Enfin, notre conversion de Carême nous engage davantage à agir dans la société

1888 Il faut faire appel aux capacités spirituelles et morales de la personne et à l’exigence permanente de sa conversion intérieure, afin d’obtenir des changements sociaux qui soient réellement à son service. La priorité reconnue à la conversion du cœur n’élimine nullement, elle impose, au contraire, l’obligation d’apporter aux institutions et aux conditions de vie, quand elles provoquent le péché, les assainissements convenables pour qu’elles se conforment aux normes de la justice, et favorisent le bien au lieu d’y faire obstacle. 

 

Notre persévérance dans la charité concrète est un signe visible pour les hommes de la présence et de l’amour de Dieu en nous. Il est venu porter nos souffrances pour nous associer à sa gloire par une véritable divinisation. A notre tour, comme Abraham, en nous unissant à Lui, nous deviendrons source de bénédictions divines pour nos frères.