1er février 2026
Souvenez-vous ! Vous avez déjà entendu cet évangile des Béatitudes chaque année le 1er Novembre pour la fête de la Toussaint. Il nous est bon de le réentendre plusieurs fois dans l’année, car c’est un texte fondateur. Les béatitudes sont la base de la morale chrétienne.
La morale chrétienne est une morale du bonheur. C’est Dieu lui-même qui nous dit son désir profond pour nous du véritable bonheur.
Jésus veut notre bonheur véritable et définitif. Il veut nous éviter de nous égarer sur le chemin du bonheur. Il nous enseigne que ce bonheur se trouve dans son imitation intérieure : pour vivre le vrai bonheur, il faut ressembler à Jésus par le coeur, par la mentalité et par le comportement.
C’est d’abord Lui qui a vécu ce programme : il ne nous demande pas quelque chose d’impossible. Les 8 Béatitudes sont en fait la description du cœur même de Jésus, son autoportrait moral. Il s’agit de le laisser revivre ces 8 facettes du bonheur en nous.
Reconnaissons-le, ces béatitudes sont contre-intuitives humainement, paradoxales.
Alors pourquoi Jésus est-il venu pour les proposer en ouverture de tout son enseignement ?
Saint Paul nous en donne l’explication :
Ce qui est d’origine modeste, méprisé dans le monde, ce qui n’est pas, voilà ce que Dieu a choisi, pour réduire à rien ce qui est; ainsi aucun être de chair ne pourra s’enorgueillir devant Dieu.
Dieu est Dieu, et il ne se laisse jamais voler sa gloire. Malheureusement, depuis le péché originel, nous sommes habitués à chercher sans cesse à réussir, à y arriver par nous-mêmes, de façon totalement déconnectée de Dieu. Spontanément, déformés par le péché originel, nous vivons sans Dieu, sans nous relier à Lui par amour. Or tous ceux qui ont approché et goûté Dieu un tant soit peu, comprennent à quel point cette attitude est absurde, injuste envers Dieu et désastreuse pour nous.
Or Dieu tient à nous. Par amour, il veut nous sauver de cet orgueil aveugle.
Et pour notre plus grand bien, par amour, Dieu tolère, supporte pour un temps notre faiblesse et nos épreuves pour nous faire retrouver la bonne humilité, celle qui nous pousse dans les bras de Dieu, notre seul secours. C’est cela qui nous permet de rentrer dans l’état d’esprit de Dieu, manifesté dans sa Parole ce dimanche.
Réapprenons à ne jamais vivre coupé de Dieu, mais à toujours lui tenir la main en toute chose, dans une confiance absolue à sa bonté paternelle et à sa sagesse divine.
Dieu se complaît dans les cœurs qui le prennent pour ce qu’Il est vraiment.
Alors s’éclaire pour nous le côté si paradoxal des Béatitudes.
Commentons seulement 2 béatitudes :
Heureux les pauvres de coeur : ce n’est pas la pauvreté matérielle que Jésus loue, ni la misère,
mais c’est le détachement du cœur par rapport aux biens matériels ou aux autres biens dont il nous a fait cadeau. Cela nous évite de confondre les cadeaux de Dieu avec celui qui nous les donne. Est-ce que vous aimez vos parents parce qu’ils lavent votre linge et vous font gratuitement à manger ? Ou bien, est-ce que vous les aimez pour eux-mêmes, simplement parce que ce sont papa et maman ?
Cette pauvreté de cœur par rapport à Dieu, on l’appelle aussi l’humilité.
C’est-à-dire reconnaître ce que nous sommes par rapport à Dieu : nous sommes ses petits enfants bien-aimés, et nous aurons toujours besoin de lui. Sans Lui, nous ne pouvons rien faire.
Un pauvre de coeur, c’est quelqu’un qui se tourne chaque jour vers son Père du Ciel pour lui demander « Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour ! »
Donne-moi tout ce dont j’ai besoin et que je ne peux obtenir par moi-même !
La première lecture l’exprime par l’expression : avoir pour refuge le Nom du Seigneur.
Est-ce que nous disons au moins le Notre Père tous les jours ?
Heureux ceux qui pleurent : ce n’est pas « bienheureux ceux qui sont tristes ! »
Ceux qui pleurent, ce sont d’abord ceux qui ne sont pas restés insensibles aux souffrances des autres. Saint Paul dit dans la lettre aux Romains que l’insensibilité aux souffrances des autres est un grand péché.
* Jésus a pleuré devant la mort de Lazare son ami, et tous les témoins ont dit : Voyez comme il l’aimait !
* Au passage de l’enterrement du fils de la veuve de Naïm, Jésus est bouleversé de pitié et va rendre le jeune homme vivant à sa mère.
Et nous ? Que Dieu nous préserve de toute insensibilité, et nous partage les sentiments de son cœur à Lui devant ce qui pèse sur nos frères. Apprenons à pleurer avec Jésus. N’ayons pas peur de réagir d’abord avec notre cœur.
Heureux ceux qui pleurent car ils seront consolés :
Oui, il y a bien des tristesses sur terre, mais un jour Dieu nous consolera, il ôtera toute larme de nos yeux, nous sommes vraiment fait pour le bonheur, même si le bonheur définitif ne sera qu’après notre mort dans la vie éternelle partagée avec Dieu.
Ils seront consolés : c’est déjà vrai du temps de Jésus, il a guéri les corps et soulagé les cœurs.
et Jésus continue aujourd’hui son œuvre de salut par son Eglise dans le sacrement de l’onction des malades, et dans la bénédiction des malades. Nous les vivrons dimanche prochain au cours de la messe paroissiale, mais n’hésitez pas à les demander tout au long de l’année.