18 janvier 2026
Chers paroissiens aimés de Dieu,
l’évangile de ce dimanche du temps ordinaire semble reprendre presque à l’identique les textes de dimanche dernier, fête du baptême du Seigneur.
Il est question de l’universalité du salut et du baptême dans l’Esprit Saint promis par Jésus.
L’universalité du salut :
C’est une vérité de foi, un dogme dont il faut nous pénétrer et qu’il faut redire sans cesse autour de nous : Dieu aime chaque être humain d’un amour personnel et total.
Il nous a envoyé son Fils Jésus pour que tous puissent être sauvés du péché.
De son côté, Dieu a objectivement tout fait.
Il ne reste plus à chacun, subjectivement, qu’à accueillir cet amour sauveur par la foi.
Le Christ est venu pour sauver non seulement le peuple d’Israël, mais aussi tous les hommes.
En Isaïe, nous venons d’entendre : Le Seigneur m’a dit :
« Tu es mon serviteur, Israël, en toi je manifesterai ma splendeur. … je fais de toi la lumière des nations, pour que mon salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre.»
Mais le point sur lequel je veux m’étendre aujourd’hui, c’est Le baptême dans l’Esprit Saint .
Jean-Baptiste dit par 2 fois : Et moi, je ne le connaissais pas.
- Mais Jean-Baptiste, comment peux-tu dire que tu ne le connais pas ?
C’est ton propre cousin, tu as 6 mois de plus que lui.
Vos mères sont cousines et profondément amies malgré l’écart d’âge.
Vous avez joué aux billes ensemble dans l’atelier de Joseph,
vous avez passé du temps en famille chez les grands-parents de Jésus, Anne et Joachim, comment peux-tu dire que tu ne le connais pas ?
– En fait, c’est bien toi, Jean-Baptiste, qui a raison :
jusque-là, tu ne le connaissais pas vraiment, tu ne le connaissais que de façon humaine.
Quand tu as vu l’Esprit Saint descendre au-dessus de Jésus sous l’apparence d’une colombe, c’est l’Esprit Saint lui-même qui t’a illuminé et ébloui, tu as vu Jésus avec le regard de Dieu.
C’est par pure grâce que tu as vu Jésus en vérité, en profondeur, que tu as entrevu toute sa divinité, et tu l’as proclamé ouvertement : Moi, j’ai vu, et je rends témoignage : c’est lui, le Fils de Dieu.
- Alors, Jean-Baptiste, qu’as-tu voulu nous dire en nous répétant de la part du Père:
Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, celui-là baptise dans l’Esprit Saint ?
Pourquoi l’Esprit est descendu et a demeuré sur Jésus : qu’est-ce que cela veut dire ?
De façon imagée, visible, à portée de notre faible compréhension humaine,
Dieu nous signifie que l’humanité de Jésus est comblée de l’Esprit Saint.
Cela ne lui tombe pas dessus à l’improviste au moment du baptême au Jourdain, c’est seulement la révélation de ce qui est, depuis sa conception dans le sein virginal de Marie il y a 30 ans. Dans l’humanité du Christ est contenue la totalité des dons que Dieu veut partager aux hommes. En langage théologique, on parle de la grâce capitale du Christ: en lui est la totalité des dons de Dieu qu’il accorde ensuite à chacun selon son libre projet.
Tous les cadeaux que vous avez déjà reçus ou que vous recevrez de Dieu étaient déjà dans l’humanité de Jésus. On ne peut donner que ce qu’on a. C’est parce que Jésus est comblé en plénitude de l’Esprit Saint, qu’à son tour il va nous baptiser dans l’Esprit Saint.
Nous baptiser : littéralement, nous plonger, nous immerger !
Il ne va pas nous éclabousser avec parcimonie de quelques gouttelettes !
Non, il va nous immerger, nous noyer dans l’Esprit Saint.
Nous ne pouvons pas contenir Dieu, nous ne pouvons pas faire le tour de Dieu.
Alors, comme une éponge qu’on plonge dans une bassine, Dieu veut nous noyer en Lui pour nous remplir totalement de son Esprit.
Dieu veut nous remplir de sa pensée et de son cœur, de sa force et de son amour.
Il veut nous partager son esprit sans mesure pour que nous ayons les mêmes sentiments et les mêmes réactions que Lui !
St Paul dira : Ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi !
Nous ne savons pas prier comme il faut, mais l’Esprit de Dieu pousse en nous des gémissements ineffables, et nous pouvons appeler Dieu Père, parce que nous sommes vraiment enfants de Dieu.
Nous sommes baptisés dans l’Esprit Saint ! Ce n’est pas au futur, c’est au présent !
À nous d’en vivre maintenant. Concrètement ? Dans l’oraison, dans la vraie prière.
Permettez-moi seulement ce dimanche de vous rappeler les 4 piliers de l’entrée en oraison :
LE DEBUT DE L’ORAISON : 4 piliers
- J’engage mon corps dans la prière en en faisant un allié pour l’oraison : je prie aussi avec mon corps, qui est indissolublement lié à mon âme. Faire un geste d’adoration initial. Être bien pour prier : trouver une position détendue, stable et éveillée.
- Je parle au Seigneur en m’adressant directement à Lui : Je-Tu (ou Vous) et je l’exprime clairement intérieurement.
- En raison de ma pauvreté spirituelle devant Dieu, je demande la venue en moi de l’Esprit Saint, Père des pauvres : nous ne savons que demander à Dieu, mais l’Esprit Saint pousse en nous des gémissements ineffables.
- J’exprime au Seigneur de façon explicite mon intention profonde de prier, d’entrer en union avec Lui :
« J’enclenche le pilote automatique. » Je dois poser un acte de volonté explicite qui engage mon être profond. J’exprime le don radical de moi-même à Dieu, pour laisser Dieu agir, lui qui est trop respectueux de ma liberté. Tant que je ne rétracte pas mon orientation première, je suis sûr que mon oraison avance, quelque soient les contradictions ( ennui, distraction, tentation, sécheresse, etc.) Ce qui touche le cœur de Dieu, c’est mon intention profonde plus que mon attention constante (dont je suis si peu maître).
Ex. : prière introductive : Ô toi qui est chez Toi dans le fond de mon cœur.