Le but du Carême ? Vivre avec Jésus son union au Père qui nous voit dans le secret !
Très chers frères et soeurs, bienvenue en Carême, déjà baptisés ou non, tous, nous ne sommes pas ici par hasard ce soir, mais pour répondre à un désir de Dieu qui est premier.
Dieu est pressé de nous introduire dans sa vie intime,
dans la relation d’amour éternelle qui lie Dieu le Fils à son Père !
Le but de ce Carême ? Nous venons de l’entrendre dans l’évangile :
Pour célébrer dignement et fructueusement la Fête de Pâques qui approche,
nous voulons nous débarasser de tout ce qui nous encombre,
afin de vivre avec Jésus son union au Père qui nous voit dans le secret.
Et cela implique un combat spirituel, une lutte exigeante contre Satan, l’esprit du mal.
Cf Accorde-nous, Seigneur, de savoir commencer saintement, par une journée de jeûne,
notre entraînement au combat spirituel :
que nos privations nous rendent plus forts pour lutter contre l’esprit du mal.
Tous,baptisés ou catéchumènes, si nous sommes sérieux dans notre recherche de Dieu,
nous connaitrons le combat spirituel contre l’esprit du mal, le démon,
et avec la grâce de Dieu, nous vaincrons.
Jésus insiste par trois fois dans l’évangile : ce qui compte, c’est notre intention profonde.
Le but du Carême n’est pas dans l’accumulation d’observances extérieures,
mais dans la prise au sérieux et la mise en oeuvre des moyens indispensables
pour chercher à plaire au Père en toute chose.
Le but, c’est de nous unir à Dieu lui-même, sans chercher à plaire d’abord aux hommes.
Pendant ce Carême, Jésus nous apprend à vivre en fils et filles bien-aimés du Père.
A la différence d’un bébé qui dort inconscient dans les bras de son Père,
nous cherchons à imiter Jésus qui cherche constamment à faire la volonté de son Père.
Voyons comment Jésus a vécu cela :
- A) Quand tu fais l’aumône, ne te donne pas en spectacle pour obtenir la gloire qui vient des hommes.Que ton aumône reste dans le secret, afin qu’elle n’apparaisse qu’aux yeux de Dieu.
Oui, durant ce Carême, nous chercherons à vivre un souci et une attention réelle à ceux qui nous entourent, spécialement à ceux qui sont fragiles ou éprouvés.
Notre premier travail d’ici dimanche, c’est de les repérer.
C’est une véritable prière agréable au Père, que de lister nos relations et de demander à l’Esprit Saint laquelle de ces personnes a besoin de notre temps et de notre coeur.
Jésus s’est laisser interpellé par les pauvres et les souffrants jusque tard parfois dans la nuit,
il s’est laisser interpellé par la femme aux pertes de sang, alors même qu’il était déjà en train d’aller voir une fillette mourante. Nous aussi, apprenons à voir un cadeau de la Providence divine quand les interpellations de nos frères et soeurs viennent bousculer nos agendas si serrés et si importants à nos yeux. Dieu est déroutant, laissons nous dérouter !
Cette année, en paroisse nous vous proposons de prendre en charge collectivement des frères et soeurs de notre famille paroissiale qui sont sans domicile. Je vous le redirai aux annonces.
- B) Quand tu pries, ne cherche pas à te montrer aux hommes, mais retire-toi pour prier ton Père qui est présent dans le secret.
Prier dans le secret, c’est la prière personnelle, c’est l’oraison,
cet échange intime d’amitié / souvent / seul à seul / avec Dieu dont on se sait aimé.
Regardez Jésus : Les passages où on nous dit que Jésus prie seul, souvent et longuement, sont innombrables. La question pour nous n’est donc pas : Est-ce que je prie chaque jour ? mais : Combien de fois par jour ?
Bien sûr, si vous ne priez pas encore chaque jour, la première urgence est de fixer un rdv quotidien, mais il serait bien de développer l’échange amical avec Dieu plusieurs fois par jour.
Deux chemins complémentaires :
- Prévoir des rendez-vous réguliers et fixes de prière. Essayez de fixer un rdv de plus que ce que vous faisiez jusqu’à maintenant, même s’il est très bref.
- Demandez à l’Esprit Saint de vous inspirer souvent dans la journée des élans du coeur vers Dieu. Dieu aime, quand il nous touche le coeur d’une inspiration soudaine de l’Esprit Saint, que nous lui parlions très spontanément, très librement, en laissant jaillir le meilleur de notre coeur. Après coup, nous ressentons que ces élans ardents vers Dieu lui sont très agréables, même si nous n’avons rien ressenti immédiatement.
- C) Quand tu jeûnes, ne prends pas une mine défaite pour bien montrer aux hommes que tu jeûnes. Que ton jeûne soit connu seulement de ton Père qui est présent au plus secret.
Jésus insiste encore pour nous dire que le but, c’est de nous tourner vers le Père.
Jésus l’a mis lui-même en oeuvre en jeûnant 40 jours au désert avant de vaincre les tentations du démon : c’est ce que nous entendrons dimanche dans l’évangile.
Le jeûne, avant de se traduire par une exigence alimentaire, est l’exigence première de la conversion, c’est à dire de prendre des moyens efficaces pour renoncer au mal, au péché.
Le premier jeûne, c’est le jeûne du péché, c’est renoncer clairement au péché, à mon péché.
La restriction sur la nourriture n’est jamais à négliger : si je suis maître de ce que je mange, alors je serai plus fort pour lutter contre toutes les autres formes d’addiction.
Aujourd’hui, en plus de l’arrêt définitif de la drogue, de l’alcoolisme, de la pornographie et du jeu,le jeûne s’étend au jeûne des écrans, au jeûne du temps perdu sous toutes ses formes dans des activités vaines.
Le but de toute pénitence, c’est de dégager notre coeur, comme Jésus au désert, pour écouter la Parole d’amour du Père et y répondre.
C’est pour cela, que je vous invite à lire l’évangile chaque jour, seul, ou mieux encore en fraternités paroissiales : chaque semaine, par petit groupe de 5 à 8 personnes, nous nous retrouverons à domicile ou dans les salles paroissiales pour ruminer la Parole de Dieu du dimanche suivant, pour vivre une charité fraternelle concrète et nous encourager dans nos efforts d’union au Père.
Bon Carême ! Notre Père, qui nous voit dans le secret, nous le rendra largement !