Chers frères, ce dimanche, nous revivons les mystères du Christ dans son Eglise : 

comme les Apôtres après l’Ascension, 

nous sommes réunis en prière autour de Marie, mère de Jésus, 

au Cénacle, la chambre haute où Jésus a institué l’Eucharistie, 

et nous attendons dans la ferveur l’Esprit Saint qui nous a été promis.

Et c’est au même endroit, au Cénacle, 

que dans le discours après la Cène du Jeudi Saint, 

le Seigneur Jésus nous livre son Coeur, le fond de son âme, son testament spirituel.

Après s’être adressé à ses apôtres, il conclut en priant son Père à haute voix.

C’est un passage très dense, mais qui mérite amplement d’être ruminé et approfondi.

Jésus annonce que sa Passion est l’heure même où il va être glorifié.

Père, l’heure est venue. Glorifie ton Fils afin que le Fils te glorifie. …   Moi, 

je t’ai glorifié sur la terre en accomplissant l’œuvre que tu m’avais donnée à faire. 

Et maintenant, glorifie-moi auprès de toi, Père, de la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde existe. 

La Passion du Christ fait éclater la grandeur de l’amour du Père pour les hommes !

Glorifier Dieu le Père sur la terre, c’est faire connaitre son Nom, 

c’est permettre aux hommes d’expérimenter Dieu, de le goûter.

J’ai manifesté ton nom aux hommes que tu as pris dans le monde pour me les donner. 

ils ont reconnu que tout ce que tu m’as donné vient de toi, car je leur ai donné les paroles que tu m’avais données : ils les ont reçues, ils ont vraiment reconnu que je suis sorti de toi, et ils ont cru que tu m’as envoyé. 

Un point clé à retenir absolument de cet évangile : 

Chacun de nous personnellement appartient à Dieu, appartient au Père et au Fils dans un unique amour qui est l’Esprit Saint : 

7 fois, Jésus affirme avec force que nous sommes un don, un cadeau offert par Dieu le Père à Jésus son Fils !   Avons-nous pris la mesure d’une telle affirmation ? 

J’appartiens à Jésus, il tient à moi comme un cadeau de son Père 

que pour rien au monde il ne voudrait perdre ! 

Et si Jésus n’est plus visiblement en ce monde, il est désormais auprès du Père sans jamais nous quitter. Il intercède sans cesse auprès du Père en notre faveur, et il est avec nous tous les jours jusqu’à la fin du monde.

Jésus nous annonce aussi son rôle au ciel depuis l’Ascension

Moi, je prie pour eux ;…   pour ceux que tu m’as donnés, car ils sont à toi. Tout ce qui est à moi est à toi, et ce qui est à toi est à moi ; et je suis glorifié en eux. Désormais, je ne suis plus dans le monde ; eux, ils sont dans le monde, et moi, je viens vers toi. 

Si nous restons, nous, dans le monde, c’est pour y continuer son action visible, pour étendre la présence du Christ à travers nous dans son combat acharné contre le mal.

C’est ce que Saint Pierre lui-même a vécu, et nous exhorte à vivre à notre tour : l’union à la passion du Christ : 

Dieu est glorifié quand nous affrontons avec Jésus la source du mal.

Bien-aimés,

dans la mesure où vous communiez aux souffrances du Christ, réjouissez-vous,

afin d’être dans la joie et l’allégresse quand sa gloire se révélera.

Si l’on vous insulte pour le nom du Christ, heureux êtes-vous,

parce que l’Esprit de gloire, l’Esprit de Dieu, repose sur vous.

Que personne d’entre vous, en effet, n’ait à souffrir comme meurtrier, voleur, malfaiteur, ou comme agitateur. Mais si c’est comme chrétien, qu’il n’ait pas de honte, et qu’il rende gloire à Dieu pour ce nom-là. 

Notre vie chrétienne ne peut pas être une vie de tout repos. 

La vie chrétienne implique le combat spirituel, la souffrance vécue avec le Christ par notre implication et notre engagement au service du Bien. Ne pas parler de cette dimension de la vie chrétienne serait une trahison du mystère du Christ.

Mais tout cela doit déboucher sur la gloire, dès cette terre !

Je suis glorifié en eux. dit Jésus à son Père en parlant de nous ce matin.

Jésus se complait dans notre persévérance dans le bien malgré les épreuves.

Jésus se plait avec les amis qui le comprennent et qui partagent ses désirs profonds.

Nous sommes tous appelés à revivre les sentiments du psalmiste : chanté

Le Seigneur est ma lumière et mon salut ; de qui aurais-je crainte ? 

Le Seigneur est le rempart de ma vie ; devant qui tremblerais-je ?

J’ai demandé une chose au Seigneur, la seule que je cherche :
habiter la maison du Seigneur tous les jours de ma vie,
pour admirer le Seigneur dans sa beauté et m’attacher à son temple.

Écoute, Seigneur, je t’appelle ! Pitié ! Réponds-moi ! 

Mon cœur m’a redit ta parole : « Cherchez ma face. »

C’est cette affection profonde pour Jésus, cette nostalgie du ciel, 

ce désir si fort de voir sa face dès ici-bas que je vous souhaite à chacun !

Amen.