Beaucoup de chrétiens s’imaginent, à tort, que la baptême est un talisman qui garantit l’absence d’épreuves. Et les difficultés qui surgissent à cause même de notre foi risquent d’entrainer la baisse ou la perte de la foi.
La Parole de Dieu ce dimanche nous prévient au contraire que la foi vécue avec cohérence entraine des souffrances.
Ne pas prévenir les chrétiens de ces épreuves inéluctables est un manque de charité.

L’auteur inspiré de la lettre aux Hébreux précise que notre vie sur terre est une épreuve proposée par Dieu, qui doit être courue et endurée les yeux fixés sur Jésus…..
Méditez l’exemple de celui qui a enduré de la part des pécheurs une telle hostilité,
et vous ne serez pas accablés par le découragement.
Vous n’avez pas encore résisté jusqu’au sang dans votre lutte contre le péché.
La vie chrétienne n’est donc pas un long fleuve tranquille,
mais un combat jusqu’au sang dans la lutte contre le péché.

“Je ne suis pas venu mettre la paix sur la terre, mais bien plutôt la division !”
Pour bien comprendre cette phrase si choquante, il faut la relier aux deux phrases immédiatement précédentes que l’Eglise nous fait lire ce dimanche.

Je vous propose 4 points d’attention :

1er point allumer un feu et recevoir un baptême : de quoi s’agit-il ? de l’Esprit Saint !

Allumer un feu ! Les feux de forêt de l’été nous rappelent comment un feu peut prendre et se répandre d’une façon totalement incontrôlée et gigantesque.
Jésus est venu allumer le feu de l’amour sur la terre, le feu de l’Esprit Saint qui doit embraser tous les hommes. A la Pentecôte, l’Esprit de Dieu se révèle sous l’apparence d’une tempête de feu qui vient sous la forme d’une langue de feu au dessus de chacun des participants. Chacun de vous a reçu ce feu à la Confirmation, qui est votre pentecôte personnelle.

Recevoir un baptême, être plongé dans un bain ! Lequel ?
Le bain de la Passion dans lequel Jésus va être immergé, plongé totalement.
C’est dans l’épreuve la plus terrible que va être révélée, pleinement manifestée toute la richesse, toute la folie d’amour qui remplit le coeur de Jésus.

L’eau et le feu : deux images expressives et complémentaires pour décrire une même et unique expérience simple de l’Esprit de Dieu.
2ème point Il nous faut accepter les passages de l’évangile qui nous dépassent
en faisant du bon esprit et en cherchant, avec l’aide de la tradition de l’Eglise,
à saisir le trésor que Jésus y cache.
Pourquoi Jésus nous dit-il de façon forte, véhémente, qu’il n’est pas venu apporter la paix, mais la division ?
Jésus ne cherche pas à nous effrayer, mais au contraire à nous renforcer face aux épreuves inéluctables causées par notre foi.
La pensée de Dieu nous dépasse totalement,
il nous faut l’accepter comme telle sous peine de rester dans une incompréhension totale.
Nous sommes parfois tentés d’exiger de Dieu qu’il se justifie de nous laisser affronter des épreuves, comme s’il était coupable de ces épreuves ou insensible à nos souffrances !
Si Dieu tolère pour un temps nos épreuves, c’est que dans sa sagesse infinie,
il nous en fera sortir grandi, au moins dans l’humilité, la foi, l’espérance et la charité.
On ne cite pas Dieu à comparaitre au tribunal de notre raison humaine.
Mais nous attendons dans la foi et l’espérance de découvrir les merveilles de sa sagesse cachée dans nos épreuves.

3ème point L’incompréhension, la contradiction, la persécution, même de la part des plus proches, est inévitable sur terre.
C’est une vérité que nous les prêtres, n’avons pas assez enseignée, malheureusement !
Beaucoup de chrétiens, qui ont commencé de façon enthousiaste à se lancer à faire le bien au service du Royaume de Dieu, se sont arrêtés dès la première difficulté : Je veux faire le bien, et j’en retire de la souffrance ! A quoi bon continuer ? J’arrête tout, et je m’enferme dans une forme d’égoïsme en espérant ne pas être trop dérangé par les problèmes du monde qui m’entoure.
En fait, la croix est incontournable, non par volonté méchante de Dieu,
mais par nécessité d’affronter le mal sur la terre pour en libérer l’humanité.
C’est la logique de Dieu. Le mal doit être enlevé et détruit à la racine. Sinon, le paradis n’existe pas ! Il faut donc que quelqu’un affronte le mal en direct, en le prenant à bras le corps pour nous en débarasser ! C’est ce qu’a fait Jésus sur la Croix.
Il est venu brûler tout le mal du monde au chalumeau de l’amour de son Coeur.
Mais il tient à notre participation, au minimum par le désir !

4ème point La fécondité réelle de notre participation à la Croix du Christ
Comme je voudrais que ce feu ait pris au monde entier… Jésus est un homme de désir, et nous sommes invités à désirer les mêmes choses que lui, avec la même ampleur et la même intensité que Lui.
Jésus est pressé de faire profiter tous les hommes de sa vie et de son amour.
Jésus est pressé d’en témoigner à travers les épreuves et les souffrances de sa Passion.

Conclusion
La croix débouche toujours sur la victoire de la résurrection, qui dépasse tout espoir humain.
Exemple de Jérémie le prophète qui a simplement transmis la Parole de Dieu, et qui, pour cela, a été plongé dans la boue de la citerne pour y mourir de faim !

Dieu suscite pour lui comme pour nous un salut inespéré. C’est le Jubilé de l’Espérance !
Comme disait notre cher pape François,
Au milieu des épreuves et des difficultés, ne nous laissons pas voler notre espérance ! Amen.