Dans la 2ème lecture, St Paul affirme qu’il est prêt à souffrir pour annoncer à tout homme
le mystère de Dieu qui s’est révèlé : le Christ est parmi vous, lui, l’espérance de la gloire !
C’est le côté bouleversant de Noël : Dieu s’est fait homme, il s’est invité chez nous !
Parce que Dieu s’est fait homme pour partager la vie des hommes,
alors l’homme est invité à partager la vie de Dieu ! C’est cela, l’espèrance de la gloire !

Nous pouvons donc rentrer dans le vif du sujet de ce dimanche :
Avez-vous déjà accueilli Jésus à votre table ?
Etes-vous prêts à sortir votre plus belle nappe, vos plus beaux couverts, et à cuisiner votre plat favori,
celui que vous réservez le dimanche pour vos parents ou vos beaux-parents ?
Avez-vous déjà partagé un repas amical avec Jésus dans votre demeure ?
Je pense que beaucoup d’entre vous me répondraient que non.
Or, pourtant, c’est exactement ce que nous vivons ensemble au cours de cette messe.

La grande question de ce dimanche, c’est comment accueillir le Seigneur Jésus dans notre vie,
comment lui accorder l’hospitalité et comment développer une amitié véritable avec lui.

Abraham, Marie-Madeleine et Marthe, sont trois exemples pour nous aujourd’hui.
Contemplons cette hospitalité humaine dans laquelle Dieu se complaît puisqu’il la provoque.
Dieu aime s’inviter chez les hommes.
Sans être un pique-assiette, il se complait manifestement avec chacun de nous, quel que soit son passé, son passif de péchés.

Remarquons la pédagogie de Jésus :
Il ne s’impose pas à notre liberté, il nous frôle, il nous fait sentir son passage, entrevoir sa présence,
et il attend que nous le retenions, que nous l’invitions à demeurer dans nos vies pour l’écouter du fond du cœur.

Remarquez d’abord que l’initiative vient toujours de Dieu, de Jésus.
C’est lui qui s’invite chez nous :
– Aux chênes de Mambré, Abraham supplie ses visiteurs qui passent par là :
« Seigneur, si j’ai trouvé grâce à tes yeux, ne passe pas sans t’arrêter près de ton serviteur. »
– A Zachée caché dans son arbre, Jésus a lancé l’appel :
“C’est chez toi que je veux demeurer aujourd’hui.”
– Marthe, Marie et Lazare invitent simplement Jésus de passage à s’arrêter chez eux.
– Au soir de Pâques, les disciples d’Emmaüs retiennent Jésus qui fait mine de vouloir aller plus loin :
“Reste avec nous, il se fait tard.” Et il entra à l’auberge avec eux.
– Nous aussi, ne sortons pas de cette messe sans avoir cherché à retenir le Christ,
à l’accueillir vraiment en nous, à aller plus loin dans l’amitié avec lui.

Comment accueillir le Seigneur ?
Comme Abraham, comme Marthe et Marie l’ont fait selon les règles de l’hospitalité de leur époque, accueillons-le comme nous sommes,
avec tout notre coeur, toute notre énergie, tout notre savoir-faire humain.
Et Dieu se plaît à se laisser accueillir par les hommes.
A Abraham qui demande un peu de patience au Seigneur pour préparer l’accueil,
Dieu répond : « C’est bien, fais ce que tu as dit ! ».
Ce que nous faisons simplement du fond du cœur lui plait.

Dans la liturgie, nous mettons ce que nous avons de plus beau pour accueillir Dieu lui-même.
Mais c’est l’enthousiasme intérieur qui l’intéresse le plus.
La lumière, les fleurs, l’orgue, la beauté des chants, des vases sacrés ou des ornements, les gestes et les rites extérieurs ont leur importance,
mais dans la mesure où ils facilitent la disponibilité intérieure, l’ouverture à Dieu qui se révèle.

La Parole de Dieu nous met en garde contre tout ce qui nous empêche d’être attentif à ce que Jésus veut nous donner.
Parfois, nous attendons de la messe du dimanche autre chose que ce qu’elle est essentiellement.
Nous recherchons d’abord un rassemblement humain, centré sur nous-même.
Bien sûr, l’accueil chez Marthe et Marie était festif et convivial, et Marthe avait bien raison de s’activer.
Mais le plus important, la meilleure part,
c’est d’abord l’attention du coeur pour une écoute intérieure,
c’est l’accueil de l’Ami divin.

Plus que le côté matériel, ce que Jésus cherche, c’est le coeur à coeur paisible :
“Marthe, tu t’inquiète et tu te fais du souci pour bien des choses,
mais la meilleure part, c’est de me donner l’hospitalité de ton cœur attentif et paisible.”
C’est une mise en garde contre le scrupule qui nous empêche d’être attentif à ce que Jésus veut nous donner.
Nous sommes centrés sur ce que nous voulons faire pour démontrer à Jésus que nous l’aimons
au lieu de Le laisser nous combler de ses dons.
Il n’y a pas besoin de grand discours,
mais une nécessité vitale de passer du temps avec Jésus
dans un échange cordial où nous nous imprégnons de plus en plus de sa pensée,
de sa manière de sentir, de voir, de réagir.

Quel dialogue d’amitié avec Dieu ? Dieu va nous dire trois choses :

1 Où est Sarah ? c’est-à-dire : Comment se passe ta vie ? Où est ton problème ?
Sarah est stérile, ils n’ont pas d’enfant, ils sont très avancés en âge.
Abraham attend depuis trente ans la réalisation de la promesse de Dieu de lui accorder une descendance.
Et Abraham a persévéré jusque-là dans la foi, dans la confiance en l’accomplissement de la promesse.
Abraham expose la situation, mais ne se plaint pas, ne remet pas en doute l’amour de Dieu.
Nous aussi, nous lui dirons ce qui ne va pas, mais sans crainte, sans amertume, sans acrimonie.

2 Quand Dieu passe dans notre vie, c’est pour une bonne nouvelle :
Ta femme, Sara, aura un fils avant un an !
Dieu tient toujours ses promesses, même si elles semblent tarder.
Le passage de Dieu dans notre vie la rend toujours féconde !!!

3 Je reviendrai chez toi : l’amitié avec Dieu se poursuit dans la régularité des rencontres.
Je reviendrai à la prochaine messe, à la prochaine prière que tu m’adresseras, à la prochaine rencontre imprévue d’un prochain par lequel je me rendrai encore plus proche de toi.

Conclusion : L’Amitié avec Dieu se développe dans l’amitié chétienne
C’est si beau et si réconfortant de savoir que Jésus a connu et cultivé
ce sentiment, si beau et si précieux pour nous les hommes, qu’est l’amitié.
N’ayons pas peur de la cultiver avec le Christ et entre frères chrétiens dans l’Eglise.
Notre amitié avec Dieu se vit directement dans la prière
et indirectement à travers nos amitiés chrétiennes.
Réjouissons-nous de pouvoir partager entre chrétiens, de contempler Dieu à l’œuvre dans la vie de ceux qui nous entourent.
Et si nous n’avons pas encore cette chance, nous pouvons la demander à Dieu comme un cadeau.
Nous pouvons nous préparer à la vivre en la désirant paisiblement devant Dieu.