Je suis sur que vous êtes tous impatients de la fin du monde, et que vous êtes fin prêts pour le Jugement dernier …
Si ce n’est pas le cas, c’est que vous ne partagez pas encore les sentiments du psalmiste qui décrit l’impatience de toute la création à l’approche du Jour du Seigneur.
Les fleuves battent des mains : cela doit être fort sympathique, non ?
Alors prenons le temps de nous réapproprier les bases de notre foi sur ce que nous appelons les fins dernieres.
La culture ambiante anti-chrétienne accuse l’Eglise d’avoir voulu maintenir les populations à la fois dans le rêve d’un paradis dont personne n’est revenu, et de façon contradictoire, on nous reproche aussi d’enfermer les croyants dans la crainte du jugement dernier et de l’enfer.
Profitons de cet avant-dernier dimanche de l’année liturgique pour remettre les choses en place, et découvrir ou approfondir que notre foi concernant les fins dernières est au contraire la seule réponse satisfaisante à l’angoisse qui monte dans notre société.
On entend de plus en plus les anciens s’inquiéter de ce que vivront leurs descendants, et les plus jeunes découvrir que les inquiétudes liées à la peur montante des conflits n’est plus seulement un souvenir du passé.
Le rêve du progrès constant de l’humanité introduit par les philosophes athées à l’époque des Lumières, courant 18ème siècle, se confronte violemment aux bruits de guerre qui se rapprochent, que cette guerre soit civile ou entre états.
L’histoire du monde n’est pas un long fleuve tranquille, ni un progrès constant vers le bonheur et la lumière, elle est au contraire un combat de plus en plus acharné entre le Royaume de Dieu et le royaume des ténèbres.
Si nous sommes certains dans la foi de la victoire finale du Royaume de Dieu,
cela n’empêche pas les épreuves parfois terribles qui s’abattent sur le monde.
Alors oui : l’annonce du Jour du Seigneur est véritablement un évangile, cad une très bonne nouvelle. Voici que vient le jour du Seigneur !
De quel jour s’agit-il ? de la fin des temps, du retour visible du Christ glorieux,
du châtiment des méchants et de la récompense des bons,
de la satisfaction de notre soif de justice : c’est le jour du jugement dernier.
Le Seigneur vient pour gouverner la terre avec justice et les peuples avec droiture.
Il s’agit d’un moment terrible pour les méchants, mais simultanément d’une joie immense pour les bons. Nous pouvons donc juger notre qualité de sainteté intérieure au degré de désir que nous avons de la fin du monde !
Face à cette certitude de foi, nous nous posons légitimement des questions :
Quand ? De quelle manière ? Qu’est-ce qui m’arrivera ? Comment m’y préparer ?
Quand ? Nul n’en sait rien, pas même Jésus en tant qu’homme : car il n’appartient pas à sa mission humaine de nous le révèler. Saint Augustin commente : « Ce jour viendra, que nous le voulions ou non. Ce n’est pas parce qu’il ne vient pas maintenant qu’il ne viendra pas. Il viendra et tu ne sais pas quand. Et s’il te trouve prêt, cela n’a pas d’inconvénient pour toi que tu ne le saches pas. »
En fait, ce jour du Seigneur peut venir pour nous de 2 façons :
soit notre mort personnelle avant la fin du monde, soit notre participation bien vivante au retour du Christ en gloire avec la résurrection finale et le jugement dernier.
Mais vivant ou mort juste avant la fin des temps, de toutes façons, chacun, bon ou mauvais, avec son corps ressuscité, participera au Jugement dernier.
De quelle manière cela va-t-il se passer ? En quoi cela consistera-t-il ?
Ce sera surtout le rassemblement de tous les hommes de tous les temps regroupés avec leurs corps ressuscités. Ce sera la grande révélation, la manifestation publique devant tous des moindres actions, paroles, gestes et pensées de ma vie.
Au Jugement Dernier, Dieu rendra à chacun selon ses mérites. Ce jour-là seront mis en lumière la conduite de chacun et le secret des cœurs, et sera condamnée l’incrédulité coupable qui a tenu pour rien la grâce offerte par Dieu. Cela répond à une attente très profonde de notre cœur, ce sera la satisfaction totale de notre soif de justice.
Comment s’y préparer ? Ni panique ni paresse !!
Pas de panique : j’entends trop de chrétiens se lamenter sur la mauvaise évolution de notre société et du monde. Mais aucune époque, aussi tourmentée soit-elle, ne peut nous empêcher d’aimer vraiment et de faire du bien. Dans les moments d’épreuve ou de panique, beaucoup cherchent à se faire passer pour des prophètes : Jésus est formel : « Prenez garde de ne pas vous laisser égarer, car beaucoup viendront sous mon nom, et diront : ‘C’est moi’, ou encore : ‘Le moment est tout proche.’ Ne marchez pas derrière eux !
Pas de paresse non plus : les premiers chrétiens pensaient que le retour du Christ en gloire était imminent, et qu’ils le verraient de leur vivant. Certains en étaient arrivés à s’agiter sans rien faire, comptant sur les autres pour travailler et leur assurer le pain quotidien. Saint Paul fustige ce comportement : “Certains d’entre vous mènent une vie déréglée, affairés sans rien faire.” “À ceux-là, nous adressons dans le Seigneur Jésus Christ cet ordre et cet appel :
qu’ils travaillent dans le calme pour manger le pain qu’ils auront gagné.”
Nous devons vivre cette attente dans le calme quotidien par le labeur, l’engagement et le don.
L’approche de la fin des temps voit grandir au long des siècles les persécutions contre les chrétiens. C’est un phénomène récurrent. Les horreurs vécues en France lors des guerres de religion ou durant la si sanglante Révolution française peuvent revenir bientôt.
Encore une fois, Jésus nous prévient pour nous fortifier :
Vous serez livrés même par vos parents, vos frères, votre famille et vos amis, et ils feront mettre à mort certains d’entre vous. Vous serez détestés de tous, à cause de mon nom.
Cela vous amènera à rendre témoignage. Mettez-vous donc dans l’esprit que vous n’avez pas à vous préoccuper de votre défense. C’est moi qui vous donnerai un langage et une sagesse à laquelle tous vos adversaires ne pourront ni résister ni s’opposer.
La persécution et la contradiction, inévitables, seront une occasion de rendre témoignage grâce à l’Esprit Saint qui parlera en nous.
Au final, la grande question du Jugement Dernier sera celle de savoir si notre vie a eu un sens, si nous l’avons donnée :
« Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux que l’on aime ».