Dieu parle au coeur de tout homme un langage compréhensible, à sa portée.
et Dieu m’invite à me faire proche de tout homme rencontré.
Dieu parle au coeur de tout homme un langage compréhensible.
Dieu répond à l’aspiration de notre coeur qui est ainsi formulée dans le psaume :
Moi, je te prie, Seigneur : c’est l’heure de ta grâce ; dans ton grand amour, Dieu, réponds-moi.
et Moïse dit au peuple : Écoute la voix du Seigneur ton Dieu ! Cette loi que je te prescris aujourd’hui n’est pas au-dessus de tes forces ni hors de ton atteinte. …, elle est tout près de toi, cette Parole, elle est dans ta bouche et dans ton cœur, afin que tu la mettes en pratique.
J’entends trop souvent des chrétiens me dire : Je parle à Dieu, mais il ne me répond pas !
Non, simplement, vous n’avez pas encore appris à reconnaitre le son de sa voix !
La volonté de Dieu ne reste pas inconnue. Donnée par Dieu aux hommes dans un langage humain, elle demeure au fond de notre coeur pour éclairer nos choix et guider notre vie.
Cela porte un nom, c’est la conscience, notre conscience morale. Nourrie par la Bible et l’enseignement de l’Eglise, la conscience nous interpelle au fond de notre âme.
Tout le monde entend sa voix, mais la plupart ont le sentiment de parler avec eux-mêmes.
Il y a comme un autre moi-même qui s’adresse librement à moi dans ma solitude intérieure, et qui me fait comme sentir ses commentaires sur la valeur bonne ou mauvaise de mes actes.
Distinguons la présence de la conscience dans notre âme,
et le fait que cette conscience puisse fonctionner correctement.
La conscience est donnée à tout homme sans distinction, croyant ou non.
Nous sommes tous câblés de la même façon. Dieu peut parler au coeur de chacun.
Dieu a mis le micro, le fil, l’ampli et le haut parleur en chacun. Nous, les croyants, nous avons seulement le privilège de savoir que celui qui parle devant le micro s’appelle Dieu.
La conscience, c’est le haut-parleur de Dieu.
Maintenant, est-ce que cette structure fonctionne correctement ?
Cela dépend surtout, comme condition, de la droiture de notre vie morale.
Dieu ne donne pas ses perles aux cochons. Si nous nous complaisons dans le mal et le péché, c’est comme si nous cherchions à arracher les fils ou à recouvrir les haut-parleurs d’un édredon pour ne plus entendre cette voix intérieure de Dieu.
Une vie morale désordonnée rend sourd à la voix de la conscience, à la voix de Dieu.
La conscience s’obscurcit. On ressent de moins en moins ses appels.
Au contraire, même si nous sommes très abimés par le mal commis,
si nous regrettons sincèrement nos fautes,
si nous mettons toute notre ardeur à rechercher ce qui est juste et bon,
Dieu se fait entendre de plus en plus.
Quand l’homme fait un pas vers Dieu, Dieu en fait mille vers lui !
La voix de Dieu entendue au fond de notre conscience, c’est ce que Dieu veut,
c’est sa volonté, c’est sa Loi, ce sont ses commandements.
La loi de Dieu est la réponse à la question posée à Jésus :
Maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ?
Cette question est la question morale qui est propre à l’homme :
Que dois-je faire pour plaire à Dieu et vivre heureux, en harmonie totale, en écologie intégrale selon l’expression du pape François ?
La réponse est le double commandement de l’amour de Dieu et du prochain.
Et qui est mon prochain ? C’est cette question qui déclenche la parabole du bon samaritain.
Cette parabole aide à comprendre la question de Jésus au docteur de la Loi : Comment lis-tu l’Ecriture ? En effet, la parabole de Jésus renverse la question initiale, change de point de vue.
Le docteur de la Loi demande : Et qui est mon prochain ?
Et Jésus lui répond : Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain de l’homme tombé aux mains des bandits ? Qui s’est rendu proche de cet homme en détresse ?
C’est la clé de cet évangile : Le changement de point de vue, le décentrement de soi-même
= savoir se mettre à la place de l’autre !
La première charité que je dois à mon prochain, c’est qu’il sente que je le comprends.
Jésus renverse la question : Qui est mon prochain ?, en : – qui s’est rendu proche de son frère en difficulté, dans le besoin ? Au lieu de faire la liste, a priori limitée, des personnes que je dois aimer, le Christ me demande de me laisser saisir de pitié et d’agir concrètement.
La religion chrétienne est la seule au monde à demander à l’homme un amour universel,
qui ne se cantonne pas à certaines catégories,
mais qui sait se laisser saisir de pitié pour toute personne rencontrée en détresse.
Si, dans l’opinion générale, on obtient une quasi-unanimité de façade sur l’importance de l’amour du prochain, on se rend vite compte que pour beaucoup, l’amour du prochain se limite au cercle familial, ou au clan restreint d’amis ou de proches intéressants.
On est très loin concrètement de la vision catholique qui veut que tout homme soit sauvé !
Tous les slogans, toutes les idées politiquement correctes, sont incapables d’aider l’homme à sortir du comportement du prêtre et du lévite de la parabole : nous ne sommes pas concernés, nous avons d’autres priorités, nous n’avons pas le temps, ce n’est pas notre problème.
Même dans le milieu chrétien, on est parfois surpris de l’absence de réaction face à certaines injustices flagrantes dictées par les média et le politiquement correct.
Terminons par le sens spirituel :
Dieu veut nous associer à la réalisation du salut de nos frères par le Christ.
Aimer vraiment est impossible à mes seules forces !
Alors il faut laisser le Christ aimer en moi !
Le bon samaritain, c’est le Christ qui vient sauver l’homme.
Par le péché originel, l’homme a quitté Jérusalem, le paradis terrestre, pour descendre vers Jéricho, notre monde marqué par le péché et le mal.
Il a été dépouillé de sa dignité d’enfant de Dieu par le démon et ses anges et il a été laissé à demi-mort, au physique comme au moral.
Ce que la loi juive, représentée par le prêtre et le lévite, comme toute idéologie d’ailleurs, a été incapable de faire, ce salut de l’homme a été commencé par le Christ et confié à l’aubergiste, c’est-à-dire l’Eglise, et donc chacun de nous.
Nous avons la responsabilité réelle de poursuivre à notre place le salut de nos frères.
Ce que le Christ me demande concrètement : Prends soin de ton frère !
Je t’ai donné, tu as déjà en toi, tout ce qu’il faut pour le secourir, pour subvenir à ses besoins.
S’il semble te manquer de quelque chose pour accomplir cette mission,
n’aie pas peur de donner tout ce que tu as et tout ce que tu es, et je te le rendrai !
3 verbes pour aimer :- agir et réagir
– dire la vérité
– compatir, partager la souffrance
Trois pistes prioritaires : Qui de nous va se faire proche ? :
– de nos frères réfugiés et exilés de pays ravagés par des situations dramatiques, et qui se retrouvent dans la solitude à Laval ?
– des adolescents et adultes, qui cherchent Dieu, parfois sans en avoir conscience, mais dans une quête éperdue du sens de leur vie, avec une soif profonde d’idéal ?
– Des jeunes abandonnés à eux-mêmes, sans éducation ? : passer du temps avec mes enfants ou petits enfants, être inventif pour leur transmettre éducation humaine et chrétienne.
Si j’ai le cœur saisi par les situations réelles de détresse,
si je fais de mon mieux pour soulager mes frères,
alors la vie éternelle est déjà commencée. Jésus vit en moi.