Très chers frères et soeurs, en ce dimanche de la Miséricorde divine,
goûtons tous ensemble les sentiments profonds du Coeur du Christ ressuscité.
Avec vous, je voudrais constater que le Seigneur est bien vivant au coeur de notre paroisse, en relisant ce que nous vivons depuis le début de l’année à la lumière des Actes des Apôtres.
St Luc nous décrit la 1ère comunauté chrétienne : Les frères étaient assidus à l’enseignement des Apôtres et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières.
Chaque dimanche, la famille paroissiale se retrouve à la messe (la fraction du pain) et chaque jour, ceux qui peuvent viennent se nourrir à la messe du Pain vivant. Il y a régulièrement des soirées de louange, et des enseignements pour les adultes. Un certain nombre d’entre vous y participent.
Tous les croyants vivaient ensemble, et ils avaient tout en commun ; ils partageaient en fonction des besoins de chacun.
Pour subvenir aux besoins de nos frères et soeurs sans domicile, vous avez déjà donné très généreusement 24.000 €. N’Fansou emménage dans son appartement et, très touché, vous remercie du fond du coeur. Et la situation de Florence et de ses deux enfants se décante doucement.
Ils avaient la faveur du peuple tout entier. Chaque jour, le Seigneur leur adjoignait ceux qui allaient être sauvés.
Beaucoup de chrétiens de passage témoignent du bon climat fraternel, de la bonne odeur du Christ qui diffuse à travers notre assemblée. Et mystérieusement, le Seigneur nous envoie des convertis. Je ne doute pas qu’il poursuivra son oeuvre à l’avenir.
A nous maintenant de rester fidèle et attentif à la grâce que le Seigneur déverse à flots sur nous.
Profitons des temps de prière et d’enseignement qui nous sont proposés tout au long de l’année.
Avec St Pierre, nous expérimentons la miséricorde du Père :
Grâce à la résurrection de Jésus Christ d’entre les morts, le Père nous a fait renaître pour une vivante espérance, pour un héritage qui nous est réservé dans les cieux.
Nous exultons d’une joie paisible, même s’il faut que nous soyons affligés, pour un peu de temps encore, par toutes sortes d’épreuves ; elles vérifient la valeur de notre foi.
Nous aimons Jésus sans l’avoir vu ; en lui, sans le voir encore, nous mettons notre foi.
Notre présence ce matin est un signe concret de la Miséricorde de Dieu.
St Jean-Paul II définissait la miséricorde divine comme la toute-puissance de l’Amour de Dieu qui vient mettre une limite infranchissable au Mal.
Oui, le Mal semble régner en maitre en nous, autour de nous et dans le monde, mais le Mal n’a qu’un temps.
Tandis qu’il tolère pour un temps notre mal, Jésus prépare la victoire de la vie et de l’amour.
Approfondissons encore cette miséricorde à la lumière de l’Evangile :
St Jean l’évangéliste termine ce passage en disant que, malgré sa sobriété, les faits rapportés dans l’évangile, ont pour seul but que nous croyions en Jésus-Christ Fils de Dieu, et qu’en croyant, nous ayons la vie en son nom.
Au soir de Pâques, par miséricorde, Jésus conclut sa 1ere journée de ressuscité en rassemblant autour de lui ses premiers témoins.
Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Jésus se plait à venir vivre au milieu de nous, au milieu de la communauté rassemblée en son nom. Nous ne le percevons pas avec nos 5 sens, mais nous le ressentons dans ce que nous pouvons appeler notre coeur profond.
Chaque messe tire sa valeur essentielle de la présence et de l’action réelle du Christ à travers son Eglise. Et c’est la foi de notre baptême qui nous permet de le goûter.
“La paix soit avec vous !” Il le dit par deux fois. Le signe de notre rencontre réelle avec le Seigneur, c’est la paix profonde et inimitable qu’il nous laisse.
Il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur.
L’expérience de la rencontre réelle avec le Christ provoque notre joie paisible.
De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie.
C’est une vérité profonde que nous allons développer toute l’année.
La Résurrection du Christ ne concerne pas seulement sa personne individuelle,
mais elle nous associe très concrètement à sa mission universelle.
Par le baptême, nous sommes étroitement unis à la vie du Christ ressuscité.
Nous sommes des membres vivant du Corps mystique du Christ qu’est l’Eglise.
Jésus n’est plus limité par l’espace et le temps, et il tient à vivre et à agir en nous, avec nous, à travers nous. Selon l’expression du Pape François, Jésus fait de nous des disciples-missionnaires.
Quel honneur Jésus nous fait-il ! Quelle dignité !
Nous sommes constitués collaborateurs conscients et généreux du Christ ressuscoité.
Enfin, la pointe ultime de la miséricorde,
c’est la remise à son Eglise du pouvoir du pardon des péchés :
Il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. »
Nous n’userons jamais assez du sacrement de la miséricorde par excellence qu’est la confession.
Cette miséricorde est prévenante. C’est Dieu qui a l’initiative, à travers la collaboration et le témoignage des chrétiens, de ramener Thomas à partir de son incrédulité jusqu’à la présence à la deuxième messe du dimanche, 8 jours après Pâques. Manifestement, les disciples ont trouvé le ton enthousiaste et juste pour toucher le coeur de Thomas. Et je vois de mon coeur profond le sourire de Jésus en interpellant Thomas : Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant.
Nous aussi, accueillons la miséricorde et proclamons notre foi : Mon Seigneur et mon Dieu !