La Fête du Baptême du Seigneur est le bouquet final du feu d’artifice du Temps de Noël.
Dès demain, nous rentrerons dans le temps dit ordinaire.
Le Baptême du Christ est la dernière des épiphanies qui illustrent le mystère de Noël.
Alors profitons de cette lumière resplendissante du Baptême du Seigneur pour parler de Dieu !
Si vous avez fait attention, selon St Matthieu, il semble que Jésus seulement perçoive la manifestation trinitaire qui suit immédiatement le baptême.
Et pourtant, ce baptême n’est pas un évènement qui ne concerne que sa personne individuelle.
C’est pour nous tous, auxquels il s’est associé en se faisant homme, que Jésus est baptisé.
Lui, le Saint par excellence, l’Agneau sans tâche, se déclare solidaire des pécheurs pour prendre sur lui le fardeau de nos péchés et nous en délivrer.
Quel est ce baptême de Jean que Jésus vient recevoir ?
Ce n’est pas le baptême chrétien, il ne s’agit pas de devenir enfant de Dieu.
Il s’agit d’un baptême de repentance et de conversion pour rejeter ses péchés et se préparer intérieurement à accueillir le Messie qui doit se manifester à Israël, le peuple de Dieu.
Pourquoi donc Jésus se fait-il baptiser,
puisque ce n’est ni par repentance, ni pour obtenir la remise de ses péchés ?
Par nature, par définition, Jésus est est le Fils unique de Dieu, la Sainteté même, le Saint par excellence. Comme l’exprime la liturgie, il est semblable à nous en toute chose, excepté le péché. Il n’a donc pas besoin de ce baptême,
et Jean-Baptiste lui-même est profondément choqué de voir Jésus demander à le recevoir :
C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi, et c’est toi qui viens à moi !
Il faut que Jésus en personne insiste :
Laisse faire pour le moment, car il convient que nous accomplissions ainsi toute justice.
La justice, c’est ce qui plait à Dieu, ce qui lui est agréable.
Face à l’horreur terrifiante du mal du monde, Dieu a voulu manifester sa gloire en nous envoyant son Fils se rendre solidaire des hommes pécheurs au point d’endosser personnellement le poids de tous nos péchés pour nous en débarrasser.
St Maxime, premier évêque de Turin, écrit vers l’an 410 :
Le Christ est baptisé non pas pour être sanctifié par l’eau, mais pour sanctifier lui-même l’eau et pour purifier par sa pureté ces flots qu’il touche…. Lorsque le Sauveur est lavé, c’est alors que l’eau est d’avance purifiée tout entière en vue de notre baptême ; la source est purifiée pour que, dorénavant, la grâce du baptême soit administrée aux peuples à venir. Le Christ a donc reçu le baptême par avance, pour que les peuples chrétiens prennent sa suite avec confiance.
Ce qui suit le baptême de Jésus est une extraordinaire manifestation visible de la vie intime de la sainte Trinité :
Il y a la voix qui se fait entendre : Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui je trouve ma joie. C’est la voix du Père !
Il y a un homme visible qui sort tout dégoulinant du fleuve, c’est le Fils invisible !
Il y a l’Esprit de Dieu qui descend des cieux comme une colombe et qui vient sur Jésus.
Disons-le simplement, ce n’est pas humain ! Jamais l’homme n’aurait pu seulement imaginer une chose pareille. Il s’agit d’une folie divine d’amour envers les hommes.
Au baptême de Jésus, Dieu est fou de joie de nous dévoiler jusqu’où va son amour.
Dieu le Père exulte éternellement et se complait dans son Fils, et il tenait à nous le partager.
L’apparition sous l’apparence d’une colombe n’est là que pour manifester que le Saint Esprit habite en plénitude dans l’humanité créée du Christ.
Dieu le Père comble l’humanité de son Fils de l’Esprit Saint, afin qu’il répande à son tour en abondance sur tous les hommes les dons dont il est comblé.
Pour profiter de la vie, de la gloire du Père, il nous faut aller à Jésus. Jésus dispose de ce qu’on appelle la grâce capitale. Jésus est la tête de son Corps mystique qui est l’Eglise et nous en sommes les membres. Il n’y a aucun cadeau de Dieu le Père pour les hommes qui ne soit contenu dans la plénitude qui remplit l’humanité du Christ. Tous les dons qu’il a reçus, il nous les partage en surabondance selon son bon plaisir. De Jésus, nous recevons sans cesse grâce sur grâce.
Saint Pierre lui-même le réalise lorsqu’il arrive à Césarée, en constatant la conversion et la descente du St Esprit sur un païen, un centurion de l’armée romaine et ses proches : il prit la parole et dit :
“En vérité, je le comprends, Dieu est impartial : il accueille, quelle que soit la nation, celui qui le craint et dont les œuvres sont justes. Telle est la parole qu’il a envoyée aux fils d’Israël, en leur annonçant la bonne nouvelle de la paix par Jésus Christ, lui qui est le Seigneur de tous.”
Nous aussi ce dimanche, nous sommes destinataires du même don de l’Esprit Saint.
C’est pour nous aussi que le prophète Isaïe annonçait le rôle du Christ :
“Je fais de toi l’alliance du peuple, la lumière des nations : tu ouvriras les yeux des aveugles,
tu feras sortir les captifs de leur prison, et, de leur cachot, ceux qui habitent les ténèbres. »
Pour recevoir la gloire du Père, pour accueillir la folie de son amour pour nous,
il faut absolument nous approcher du Christ et rentrer dans une véritable communion avec Lui !
C’est le don de l’Esprit Saint ! Amen.